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Vendredi soir avait la traditionnelle soirée des voeux de la fédération de Gironde du PCF : voici le texte que j’y ai prononcé.

Cheres et chers amis, et chères et chers camarades,

Pour ces voeux 2018 Je veux reprendre avec vous les mots de Gramsci et “être pessimiste par l’intelligence, et optimiste par la volonté”.

En effet comment ne pas être pessimiste quand depuis 8 mois c’est une avalanche de mesures ultra-libérales et régressives qui s’abat sur notre peuple dont l’objectif est de soumettre au plus vite l’ensemble de la société française aux appétits des forces de l’argent. 

Comment ne pas regretter que le pouvoir en place ait les coudées franches et voit même la côte de popularité du président et du premier ministre bondir.

Cela s’explique, et l’intelligence, c’est d’abord la compréhension des faits.

L’électorat d’Emmanuel MAcron est conforté dans leur volonté de changement et l’électorat de droite est séduit, notamment sur la réduction de l’immigration clandestine et la chasse aux chômeurs. C’est une politique de droite, et l’électorat de droite ne s’y trompe pas,  qui est menée et de vieilles recettes libérales et autoritaires qui sont employées. Les catégories populaires quant à elles  ne voient pas encore les effets dramatiques pour eux de cette politique.

Mais c’est aussi, et peut être surtout, la gauche et le mouvement syndical qui sont aujourd’hui dans l’incapacité d’initier des convergences entre celles et ceux qui aujourd’hui engagent des luttes.

C’est l’ambition qui nous guide pour organiser des Etats Généraux du progrès social à Paris le 3 février prochain. Car des luttes émergent, principalement dans le monde du travail, pour l’emploi, les salaires, les conditions de travail. Pour la défense du service public. Des luttes émergent et irriguent toute la société comme celle des femmes contre les violences qui leurs sont faites.

En Gironde, des luttes émergent autour de la défense de l’Hopital, des ehpad, sur la question du transport ferré de voyageurs et de marchandises, autour des questions du logement et du droit à la ville.

Toutes buttent sur la montée de l’individualisme et le pouvoir de l’argent. Pour reprendre les mots de Pierre Laurent lundi lors de ses voeux : pourquoi, au nom de quoi le droit au bonheur ne serait-il pas collectif ?

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Pourtant. 30 ans après la chute du mur de Berlin, jamais le capitalisme et le libéralisme n’ont été aussi impopulaires et les mesures du gouvernement Philippe ne bénéficient pas de majorité pour les soutenir, pas plus que les gouvernement Sarkozy et Hollande n’en ont bénéficié. Beaucoup prennent conscience que le Capitalisme est aujourd’hui incapable de permettre à l’Humanité de relever les grands défis de civilisation qui se posent : que ce soit sur le plan social, du progrès de société ou des questions environnementales.

Jamais les forces productives n’ont produit autant de richesses, jamais la science et les richesses produites n’ont permis d’entrevoir aussi clairement des possibilités de progrès et de changements qui permettent de dépasser les contradictions actuelles, de faire reculer la mort, la maladie, de résoudre des problèmes essentiels à l’Humanité, nourrir la planète, accéder à l’eau, se déplacer, échanger, communiquer. Jamais il n’y a eu autant de richesses produites et accumulées par un si petit nombre.

Avec les mutations au travail, l’intelligence artificielle, les nouvelles capacités productives, les moyens d’information, de communication, les bonds en avant de la cybernétique, nous sommes à l’aube d’une monde nouveau.

Et les conditions objectives d’une société post-capitaliste sont en 2018 beaucoup plus nombreuses qu’en 1917, en 1945 ou1968. C’est ce qui doit nous faire dire une chose décisive : Le 21e siècle sera le siècle ou la question d’une société post-capitaliste se posera à l’échelle de la planète toute entière sans quoi nous courrons à des catastrophes.

Ce qui est en cause aujourd’hui, à l’échelle de la planète, ce ne sont pas les migrations humaines, mais l’accumulation colossale de richesses dans les paradis fiscaux, ce sont les trafics en tout genre, et la traite humaine d’esclaves, c’est l’evasion fiscale et la haute délinquance en col blanc. C’est la vente d’armes, et la destabilisation de régions entières, c’est la guerre pour le contrôle de matières premières.

Ce qui est en cause quand on parle de réchauffement climatique, ce sont les pays qui n’appliquent pas les dispositions de la COP21, C’est la France qui continue à subventionner la route au détriment du rail, qui ne fait rien pour relancer un développement industriel d’un type nouveau. Ce sont les délocalisations pour la recherche de la main d’oeuvre la moins chère, et des profits immédiats les plus élevés possibles pour une minorité. En 2018, lc’est comme si la devise du système capitaliste était “Après moi, le déluge”.

Ce qui est en cause aujourd’hui, ce n’est pas le progrès scientifique, mais les profits accumulmés par quelques uns qui pourraient permettre l’accès aux soins pour toutes et tous, et de vivre et travailler en sécurité dans un environnement sain.

Ce qui est en cause aujourd’hui, ce n’est pas la sécurité alimentaire et la possibilité de nourrir la planète, c’est l’agriculture intensive, les marges de la grande distribution et des grands groupes de l’agro-alimentaire. Comme on le voit avec l’affaire Lactalis.

Ce qui est en cause c’est le pillage des ressources et la destruction des ecosystèmes, pas le développement humain.

C’est dire la nécessité de bâtir un projet communiste qui s’empare des questions de l’écologie, du feminisme, de l’antiracisme, de la solidarité internationale. C’est dire la responsabilité qui est la notre de travailler pour un projet de transformation de la société, une stratégie pour atteindre cette ambition, et un outil politique pour cela.

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Alors que la sidération face à la violence de la politique de Macron cotoie dans les consciences la contestation et la colère, que beaucoup prennent conscience que des sommes colossales sont confisquées par une minorité, nous n’arrivons pas à faire émerger une perspective de changement réel construite avec celles et ceux qui subissent l’exploitation. C’est le défi qui nous est posé en 2018.

61% des salariés a moins de 50 ans, et n’a pas connu de mouvement débouchant sur une avancée sociale ou démocratique. Il et elle n’a connu que la crise et le chômage de masse et une alternance politique sans avancées sociales significatives à l’exception peut être des 35h. Les conditions de travail et de vie des prolétaires se sont considérablement dégradées avec la pauperisation des travailleurs, le chômage de masse et la précarité, le changement même de la nature de l’exploitation capitaliste au travail et dans nos vies quotidiennes.

La question n’est donc pas d’être les meilleurs opposants à Macron et sa politique de division, d’appauvrissement et de régressions pour les classes populaires, mais d’être en capacité d’ouvrir pour les luttes actuelles une perspective de changement réel qui rompe avec les politiques menées depuis plus de 30 ans.

Porter cette ambition, c’est se confronter à l’état réel de la société et mesurer à quel point les aspirations individuelles appellent des combats collectifs pour le changement de société, sans quoi ils sont voués à l’échec.

Les forces de l’argent utilisent tout pour diviser le peuple afin d’étouffer tout combat émancipateur. Nous devons dire et répéter plusieurs vérités face à cela.

Les luttes des femmes contre les violences qui leurs sont faites ne divisent pas, elles unissent l’ensemble de la société. C’est le sexisme et le patriarcat qui divise la société.

Le combat antiraciste n’oppose pas, il rassemble et unifie. Le racisme tue, oppose, divise.

La bataille pour un accueil digne des droits humains des migrants, et pour étendre l’accueil en France au delà des détenteurs du droit d’asile est aujourd’hui nécessaire, Dire cela, ne crée pas de divisions, car nous sommes loin de l’invasion dont parle le ministre de l’intérieur : 46 000 demandes d’asile satisfaites en 2017, nous pourrions accueillir au moins le double d’hommes et de femmes qui seront des travailleurs, et produiront à leur tour des richesses, feront des enfants, et enrichiront la France comme l’ont fait toutes les immigrations passées. Dire cela c’est rassembler autour de valeurs universelles.

La lutte pour une autre répartition des richesses, contre l’évasion fiscale, pour un impot juste, pour une autre utilisation de l’argent, pour avoir une maitrise démocratique de l’utilisation des richesses produites, en un mot la lutte pour faire reculer le coût du Capital sur la société peut rassembler celles et ceux qui luttent.

Ce sont ceux qui attisent les haines, les oppositions, ceux refusent de combattre toutes les dominations qui divisent et opposent. Ce sont les chantres de la résignation, du découragement, du “on n’a pas le choix” et du “on vous l’avait bien dit” qui démobilisent et découragent.

Oui, Il y a de quoi être pessimiste quand on regarde le monde et la société, mais c’est une nécessité d’être optimiste par la volonté, la volonté personnelle, la volonté politique et collective de construire une autre société.

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Nous devons être plus et mieux encore le Parti des solidarités concrètes, notamment avec celles et ceux qui subissent et affrontent cette politique. Aujourd’hui le droit se loger, se nourrir, se former, l’accès à la culture et aux loisirs s’éloignent pour des millions de gens.

Au plan international : Les batailles pour la reconnaissance d’un etat palestinien, pour la reconnaissance du peuple kurde et son droit à l’autodétermination, notre soutien à toutes les forces démocratiques de par le monde entendent rassembler pour faire reculer les guerres et les drames.

C’est pourquoi nous devons redoubler d’efforts pour obtenir la libération de Salah Hamouri, Marwan Bargouthi et tous les prisonniers politiques palestiniens dont la jeune Ahed accusée d’avoir giflé ses bourreaux et condamnée à 2 ans de prisons alors qu’elle n’a que 16 ans.

Le projet communiste du 21e siècle doit être pacifique, feministe, antiraciste, écologiste, et il doit avoir au coeur la volonté d’unifier les prolétaires de 2018 face aux forces de l’argent.

Optimiste par la volonté, c’est ce que nous sommes, et c’est pour cela que nous devons déployer notre activité militante, avec intelligence, ouverture et la volonté de rassembler.

L’année 2017 a été difficile, sur le plan politique et financier. Nous avons engagé des mesures pour réduire nos dépenses, tout en maintenant notre ambition politique, mais rien ne sera possible sans mener la bataille de la cotisation, de la souscription et des initiatives financières. Tout doit être débattu lors de notre congrès, aucune question ne devra être éludée. C’est comme cela que nous préparerons l’avenir et sortirons rassemblés de ce congrès extraordinaire. Voyons bien, que c’est la fin de la bipolarisation et que nous rentrons dans une nouvelle période politique, nous avons un grand rôle à jouer dans les années qui viennent et pour le siècle.

Nous devrons en 2018 approfondir des questions qui pour nous sont existentielles et poursuivre le travail de débat, de formation et de transparence sur toutes les questions qui nous sont posées. 2 séances de formation sont programmées en ce début d’année. Un débat avec Une sociologue Fanny Chartier sur les classes populaires fin février, une autre en mars sur les questions de la lutte pour les droits des femme.

Notre projet, notre stratégie, les transformations de notre parti et les européennes de 2019 sont autant de thèmes que nous devons travailler en nous confrontant au réel, à ce qu’est la société française aujourd’hui, sa jeunesse, ses salariés, ses hommes et ses femmes qui aspirent toutes et tous à vivre mieux dans un monde en paix. Le travail de reconstruction d’une perspective de changement n’attend pas, et nous devons être cette année en mouvement et dans l’action.

Je proposerai au CD la semaine prochaine de lancer dans le département 5 batailles :

Soutenir et defendre l’hopital en engageant une campagne de diffusion de nos propositions en direction des salariés des hopitaux et des ehpad

Lancer une pétition et un tract en faveur du développement du rail, des transports publics accessibles à tous, et développer le transport par bateau pour désengorger la Metropole et le département et permettre de faciliter tous les déplacements, les mobilités en commençant par les trajet domicile-travail. C’est un enjeu social et écologique.

S’engager résolument pour la libération de Salah Hamouri et tous les prisonneirs politiques palestiniens.

Ouvrir dans la ville un grand débat autour des questions du logement et du droit à la ville, aux services, aux transports, à l’éducation.

Dans ces batailles, nos élus sont de solides points d’appui et il faut saluer le travaille qu’ils fournissent pour rendre la ville accessible. La commune c’est le premier échelon démocratique, d’organisation des services publics et de la solidarité.

Enfin nous allons travailler avec les militants d’entreprise les moyens pour organiser la diffusion de la parole communiste sur les lieux de travail

Je terminerai par un objectif qui nous est cher à tous, celui de tenir avec nos moyens une fête féderale joyeuse, populaire, vivante qui donne à voir ce que sont les communistes girondins en 2018. Disons le, le défi qui nous est posé est de réinventer la fête féderale, reconstruire une ambition populaire qui s’était éloignée, et faire une fête qui soit celle de toutes celles et ceux qui luttent pour le changement de société.

Avançons ensemble pour que 2018 soit une belle et grande fête populaire qui accueille le temps d’un week end plusieurs milliers de personnes.

Que 2018 soit donc celle de la reconstruction, de la reconquête d’une perspective de changement, de la transformation de notre Parti, de son renforcement et de son redeploiement, Je souhaite donc à chacun et chacune d’entre nous du bonheur, de l’audace, des rêves et la santé pour les réaliser, je nous souhaite d’être à l’écoute de tout ce qui pousse dans notre société et d’inventer encore et encore un Parti révolutionnaire dans une société qui a tant besoin de rêves, de solidarité et de révolution.