confinement jour 10 : intervention au Conseil National du PCF

J’apprécie la teneur et le contenu de l’introduction à la discussion de Fabien, concrète et porteuse de propositions d’initiatives et de prises de position tenant compte de la gravité de la situation sanitaire, et de notre responsabilité dans cette période.

Les décisions prises par le gvt, contradictoires pour certaines, contredites pour d’autres d’un jour à l’autre ne sont pas comprises pour une raison simple et implacable,  parce qu’elles s’avèrent en échec sur le plan sanitaire parce qu’incapable de sortir des dogmes liberaux et de l’autoritarisme qui s’exacerbe depuis quelques semaines.

Ce gouvernement interdit au lieu d’organiser, il fait porter sur les agents hospitaliers et les personnels de l’éducation la responsabilité de mettre en œuvre des mesures sans moyens supplémentaires ou presque. Au lieu d’anticiper et de prévoir, il décrète et impose des mesures avec une vision à quinze jours, 3 semaines et maintient tout le monde dans ce temps court et anxiogène tout en privilégiant le capital et les grands groupes.

Il faut qu’on sorte de cette situation, Nous allons devoir vivre avec la covid pendant encore des mois, un an, et sans doute plus, monte l’idée qu’on ne peut plus continuer comme ça et en même temps grandit aussi le réflexe de repli sous toute ses formes. C’est cet antagonisme qu’il faut travailler.

Sur l’école :

Les personnels de l’éducation au-delà des contre-ordres et d’une nouvelle illustration du mépris du ministre à leur égard, dans un contexte dramatique,  élaborent en ce moment des protocoles pour maintenir les établissements ouverts, faute de perspective et de moyens supplémentaires, la solution parfois avancée et induite par le ministre, faute de moyens accrus, mais qui ne peut etre durable est celle d’un mixte distanciel, presentiel. La raison a cela est qu’on manque de tout, d’agents, de locaux, de produits, de temps, on manque de remplaçants et de profs pour réduire les effectifs par classe. Chaque établissement a ses spécificités, à un endroit ou le dédoublement s’avère utile, ailleurs il peut ne pas l’être, parfois les solutions pourraient etre trouvées avec 5 ou 6 salles de classe supplémentaires, ou 7 ou 8 collègues en plus.

 

On doit passer au concret, sur le fond et la forme

 

Et je partage les propositions faites pour maintenir une activité militante dans ce contexte à partir des contraintes sanitaires, on doit être inventifs pour permettre à chaque communiste d’agir sur le plan des solidarités concrètes et sur la bataille politique.

 

Le plan d’urgence pour l’école garde toute sa pertinence, mais il nous faut le faire vivre à partir des questions concrètes qui se posent aux personnels de l’éducation, dans les établissements jusqu’au parlement et travailler à ouvrir des perspectives de luttes et de changements réels. C’est de cela dont manque l’ensemble de la société et dans tous les domaines.

 

Dans une vision plus générale :

 

Il y a trois questions décisives, celle de l’utilisation de l’argent, celle de l’emploi et de la formation comme réponse aux besoins, mais aussi la question démocratique, et je crois que pour ouvrir des perspectives,  on doit permettre de sortir de la vision ou de la réaction à court terme. On prend parfois nous même des positions qui sont des réponses à un temps T sur un sujet sans envisager le moyen ou le long terme.

 

Et si on doit reconfiner totalement, il faut que ce temps là soit mis à profit pour l’ouverture d’un grand débat autour de la démocratie sanitaire et des moyens essentiels à mettre en œuvre pour vivre avec la covid. Masques, hopitaux, tests, ouverture des Sp, reprise des activités essentielles, quelles sont elles, transports en commun… tout doit être sur la table et débattu au parlement mais à tous les niveaux de la société y compris par les salariés et les agents sur les lieux de travail avec comme réponse l’emploi, la formation, et des moyens matériels pour pouvoir vivre avec l’épidémie, et donc la rupture avec les dogmes libéraux.

Il faut je crois exiger les moyens pour sortir de la chape de plomb qui pèse sur la société. On ne peut vivre encore des mois avec la menace d’une aggravation de l’épidémie, cela a des conséquences politiques très préoccupantes et notamment dans les consciences, je ne développe pas mais les résultats de l’élection américaine doivent nous interpeler sur les conséquences politiques de la situation, Trump a conservé une assise électorale importante.

On ne peut pas laisser dire que tous les pays sont submergés de la même manière. D’abord c’est faux et aussi parce que cela induit et valide l’idée que la politique dans ce contexte ne sert a rien.

A partir de mesures et de réponses a des questions concrètes,  nous remettrons en cause la politique libérale et autoritaire de la crise par le gvt et on ouvrira des perspectives de changements réels en dénonçant cet espèce d’urgence permanente dans laquelle le gvt enferme tout débat démocratique.

 

Enfin j’en termine avec une question sur laquelle nous devons être plus présents, c’est celle de la jeunesse, aujourd’hui des centaines de milliers de jeunes n’ont plus de cours à la fac, des centaines de milliers n’ont plus de stages, ou de contrats d’apprentissages, des centaines de milliers s’enfoncent dans la précarité, la pauvreté, sont sans revenus. Nous devons nous adresser à eux, ils entendent depuis des mois que ce sont eux entre autre qui diffusent le virus, qu’ils ne sont pas raisonnables, alors qu’avoir 20 ans aujourd’hui est extrêmement difficile, quelle perspective, quelle place dans la société ont-ils. Il faut qu’on s’empare de cette question, qu’on fasse un véritable travail sur la jeunesse, qui elle est, quelles sont ses aspirations, ses besoins et ses attentes.

Publié par

slaborde

secrétaire départemental du PCF, adjoint au maire de Saint Denis de Pile et vice président de la CALI en charge de l'action sociale. Enseignant spécialisé.

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