Décalage

C’est un long wee20161023_103932k-end qui s’amorce entre brume et soleil. Un moment propice au repos, à la balade, la réflexion.

Quel décalage entre la teneur des discussions que l’on peut lire sur les réseaux sociaux à propos des prochaines échéances électorales, et la réalité des rapports humains que nous pouvons avoir dans nos structures politiques, les discussions avec les hommes et femmes de gauche, tous les citoyens qui voient arriver l’élection présidentielle sans aucune perspective de changement réel pour eux et pour la France.

Les réseaux sociaux sont devenus un lieu de diffusion d’informations, d’idées, pas de débat. le caractère public, instantané favorise les raccourcis, les phrases définitives, les attaques, les blessures.Le lien d’amitié ou fraternel, la simple précaution d’usage ne tient pas longtemps face à la volonté furieuse d’avoir le dernier mot. On est a l’instar de l’info en continue dans un flux permanent d’affirmations stériles. La réflexion dialectique y est complétement absente, interdite.

Dans les rapports humains ordinaires c’est tout autre chose et j’observe que le fossé se creuse aujourd’hui entre les questionnements d’hommes et de femmes progressistes et le débat qui tourne autour d’une seule question sur internet, celle du choix d’un candidat pour l’élection présidentielle et singulièrement du choix du PCF.

Beaucoup n’ont que faire aujourd’hui du nom du candidat pour qui ils voteront, et d’ailleurs ils n’en savent rien. Ce qu’ils disent c’est que personne ne paraît en mesure d’empêcher le triomphe de la droite et du FN. La défaite est intériorisée. Elle peut conduire à l’abstention, au vote par défaut, ou même à participer au choix du candidat de droite pour que ce soit moins pire que si c’était plus grave… Là ou conduit le désespoir.

Il y a ceux qui luttent, qui vivent au quotidien les conséquences de politiques désastreuses, et qui voient l’échec d’un gouvernement socialiste et une gauche incapable de proposer une alternative crédible de changement. Crédible c’est à dire qui peut et qui dit qu’elle veut gagner et qui travaille donc à rassembler au delà des divergences, car comme l’a dit un camarade en conseil départemental du PCF mercredi soir « rien de grand dans notre pays ne s’est fait sans le rassemblement de toutes les forces de progrès ».

Il y a ceux qui sont effrayés du débat sur l’accueil des réfugiés, outrés par les propos libérés un peu plus chaque jour, abasourdis par les manifestations de policiers, non pas qu’ils n’aient pas raison de manifester pour leurs conditions de travail, mais la forme, masqués et en arme est désastreuse.

Le doute, l’interrogation, la réflexion collective pour dépasser les divergences et les contradictions à partir de l’état réel de la société et de ce que disent les gens sont plus que jamais des vertus révolutionnaires.

L’électorat de gauche démobilisé, écœuré  par 4 années de renoncements et de trahisons est aujourd’hui en plein doute. Alors qui ne doute pas dans ce moment inédit ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par

slaborde

secrétaire départemental du PCF, adjoint au maire de Saint Denis de Pile et vice président de la CALI en charge de l'action sociale. Enseignant spécialisé.

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