discours lors des voeux de la fédération de Gironde du PCF

On dit d’un fleuve emportant tout qu’il est violent

Mais on ne dit jamais rien de la violence

Des rives qui l’enserrent

 

Cette violence qui enserre les rives d’un fleuve C’est pourtant la première des violences, celle qui consiste à empêcher, étouffer, restreindre, limiter, interdire…

 

C’est la violence de l’ordre établi, celle du dogme qui impose à toute une société des choix pour la satisfaction des intérêts d’une infime minorité.

La violence de l’ordre établi, celle des puissances de l’argent s’exprime partout dans le monde. A Davos la semaine dernière, le nouveau Président brésilien d’extrême droite Bolsonaro en faisait le discours inaugural. Cet homme qui dit ouvertement ne pas aimer les homosexuels, détester les communistes, les syndicaliste, cet homme qui veut imposer au peuple brésilien la dictature et la régression.

La violence de l’ordre établi c’est quand la France, l’Espagne et l’Allemagne soutiennent le coup d’Etat au Venezuela. Quoi qu’on pense de Maduro, c’est un président élu par le peuple et c’est un pays qui est menacé par une dictature militaire.

La violence de l’ordre établi c’est quand des opposants kurdes au régime d’Erdogan, notre allié de l’Otan, meurent et croupissent en prison sans que jamais le Président Macron n’ait un mot à leur égard.

La violence de l’ordre établi, elle est dans l’accueil des migrants, dans le cynisme de dirigeants européens qui laissent mourir en mer des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants qui fuient les déreglements climatiques, les guerres, la misère et la faim.

Peu importe ce qu’ils fuient, peu importe ou ils vont et pourquoi ils viennent, nous devons pouvoir les accueil dignement Il n’y a pas de crise de l’immigration contrairement à ce que disent à l’unisson le RN et le gouvernement, il y a une crise de l’accueil des migrants.

La violence de l’ordre établi c’est quand on explique à un jeune qu’il suffirait qu’il se bouge pour aller travailler, à une femme qui élève seule ses enfants et gagne une misère qu’elle ferait mieux d’arrêter de fumer. C’est dire à des retraités qui doivent s’occuper de leurs parents, et venir en aide à leurs enfants et petits-enfants qu’il peuvent bien perdre un peu d’argent.

Et c’est dans le même temps expliquer qu’on supprime l’ISF sinon les riches risquent de partir du pays, on maintient le CICE alors que jamais les entreprises du CAC40 n’ont versé autant de dividendes, on laisse l’évasion fiscale, qu’on appelle optimisation pour ne pas froisser. Et on explique à des gens qu’ils vont gagner moins, et qu’ils vont de voir se passer de soliddarités.

Oui c’est cette violence là auquel le mouvement des gilets jaunes répond depuis 2 mois. Et oui cette violence là nous est insupportable et les communistes sont et seront de tous les combats pour combattre ces violences.

Et nous dénonçons aussi les violences policières et celles de casseurs qui n’ont rien à voir avec les luttes. La violence divise, écarte, empêche, et au final nuit à l’amplification de la lutte et à la construction d’un rapport de forces favorable.

Cette révolte des gilets jaunes et qui fait des petits ne part pas de rien, il y a eu en 2018 les combats des retraités, des cheminots, en 2017 les mobilisations contre la loi Travail, il y a eu les mobilisations nombreuses pour la sécu, la défense des services publics. Et pourtant sur les ronds-points et dans les manifs du samedi, il y a des hommes et des femmes qui n’avaient jamais manifesté avant.

 

Le mouvement est à l’image de ce qu’est le monde du travail aujourd’hui, et notamment les catégories populaires, demandeurs d’emplois, emplois précaires, ouvriers et employés.

 

En nous adressant aux gilets jaunes, nous parlons aussi aux robes noires, blouses blanches, stylos rouges, cols bleus et bottes vertes de la production industrielle et agricole.

 

Nous allons donc aller à leur rencontre en nous fixant une ambition et 3 objectifs. L’ambition c’est celle de hisser le niveau de conscience du monde du travail, et notamment des gilets jaunes et pour cela nous devons avoir 3 objectifs.

 

1er objectif : populariser nos propositions sur pouvoir d’achat, vivre dignement, justice fiscale et partage des richesses, et la question démocratique.

En 36, le Front populaire portait trois mots : le pain, la paix et la liberté

Aujourd’hui c’est le droit de vivre dignement, le partage des richesses et la démocratie qui s’expriment au travers de ce mouvement et dans toute la société

 

Nous avons la pétition dont nous irons remettre les signatures mi février avec l’ambition d’avoir 10000 signatures.

 

Le 8 fevrier prochain nous irons avec Fabien Gay devant l’Apple store de Bordeaux pour réclamer l’argent que doit la société à la France. Apple paye en France autant d’impôts qu’une boulangerie de quartier… Ce n’est pas normal, et le projet de loi de prelevememnt à la source pour les entreprises présenté par les députés communistes au parlement peut répondre à l’exigence de justice fiscale qui monte dans le pays.

 

2eme objectif : faire gagner ce mouvement et pousser la société vers le progrès. Et donc travailler à son élargissement et à la convergence avec le mouvement social : invitons les gilets jaunes dans les luttes pour l’emploi, les salaires, l’hopital, les solidarités les services publics.

Avec les cahiers de doléance et la pétition ouvrons des espaces de rencontre et d’échange.

 

Ouvrons des espaces ou toutes celles et ceux qui luttent remplissent, échangent et discutent autour des thèmes dont ne veut pas entendre parler le gouvernement.

 

Contribuons à la réussite du 5 fevrier et à la visibilité du Parti dans cette journée.

3eme objectif : c’est celle de construire une alternative politique en portant une conception large et originale du rassemblement : celui du monde du travail, des salariés autour de contenus qui répondent aux besoins et qui rompe avec les politiques.

 

Il y a besoin de travailler à l’émergence d’une esperance collective nouvelle, d’une alternative crédible, d’un rassemblement à vocation majoritaire.

 

La question démocratique, la question sociale, la question écologique poseront à terme celle du débouché politique et nous avons un choix à faire : soit nous considérons que le clivage entre les élites et le peuple est et devient pertinent, soit nous réveillons le clivage gauche droite. C’est-à-dire la confrontation entre des forces de progrès social et démocratique qui portent un projet de transformation de la société et les forces de la réaction, du maintien de l’ordre établi et de la régression.

 

Le Président Macron, les grands groupes financiers, le patronat se satisfont parfaitement de ce clivage entre élite et peuple, c’est l’amoindrissement de la démocratie et des droits, ce clivage est utilisé contre le parlementarisme, c’est la confiscation des lieux de pouvoir au peuple cantonné dans une logique contestataire. La lutte des classes est pourtant le moteur de la transformation de la société, et pour redonner aux salarié-é-es la capacité de se rassemblement pour leurs propres intérêts, il faut une esperance collective fondée sur un projet politique de satisfaction des besoins.

 

Si la gauche a échoué c’est qu’elle est restée trop longtemps sourde aux aspirations populaires, renonçant à affronter les forces de la finance et le patronat.

 

La politique d’E Macron est une politique de droite : ultra-libérale, violente, autoritaire, regressive. Et nous devons la dénoncer en tant que tel.

Il ne s’agit pas de refaire des alliances aujourd’hui dépassées, il ne s’agit pas de s’entendre avec tel ou tel pour des positions électives, mais de poser dans le débat des propositions qui ont vocation à devenir majoritaires  parce qu’elles répondent aux aspirations du plus grand nombre. Et c’est aussi ce que nous devons faire dans le cadre des élections municipales. Quels sont les besoins et aspirations des gens, quelles propositions, quels sont les freins ?

 

Il s’agit de rompre avec les ravages de la 5e République renforcé depuis l’inversion du calendrier et la mise en œuvre du quinquennat: présidentialisme, personnalisation, hégémonie, renoncements à affronter le dogme libéral et adhésion pour une part à ce dogme de la concurrence, de la réduction des dépenses publiques, de la satisfaction des intérêts de la finance.

 

Nos 10 propositions que nous présenterons en mars doivent être construites avec cet objectif : proposer un socle de  contenus pour un rassemblement à vocation majoritaire

La suite du poème de Brecht est moins connue et pourtant cela mérite qu’on s’y arrête.

On dit que le vent qui courbe les bouleaux est violent.

Mais qu’en est-il de la tempête qui courbe les hommes

Cette tempête, c’est le Capitalisme qui pille la nature et exploite l’humain dans tous les pans de sa vie, de la naissance à la mort. La terre brûle, la vieille peur de la misère s’étend à nouveau, la famine, les inondations, des catastrophes climatiques et des guerres pour la maitrise des matières premières éclatent.

Et des femmes et des hommes se lèvent face à cela dont les communistes.

Il n’y a pas de combats secondaires, la lutte pour le climat, la préservation de la nature rejoint celles pour le progrès social et démocratique. La hausse des prix du carburant a mis le feu aux poudres parce que l’enjeu écologique a alors été utilisé pour réduire encore la capacité à vivre dignement.

Cette lutte pour une vie digne, pour vivre dignement de son travail traverse l’ensemble du salariat moderne.

Parmi les travailleurs aujourd’hui, il y en a qui subissent l’exploitation capitaliste poussée à la limite de ce qu’il est possible de faire, ce sont les travailleurs uberisés. Et parmi les travailleurs uberisés, les coursiers à vélo subissent au propre comme au figuré les tempêtes de notre temps.

Et parmi eux, il en est qui se lèvent et se battent. Et parmi ceux là, il en est qui gagnent des batailles.

Je vous présente Arthur Hay, qui figurera sur notre liste aux européennes…

Nous sommes en campagne.

Nous présenterons une liste le 26 mai prochain parce que nous avons à faire valoir dans le débat européen une autre voix que celle qui dit qu’on ne peut changer les traités et qu’il vaut mieux soit s’en accommoder, soit quitter l’UE.

Regardons ce qui se passe en grande Bretagne, c’est la droite qui utilise le Brexit pour s’attaquer aux droits sociaux des travailleurs et travailleuses britanniques. Les grands groupes de la City n’ont que faire d’un accord entre la Grande Bretagne et l’UE, la loi de la jungle leur convient parfaitement et tant pis si le peuple irlandais se retrouve à nouveau déchiré.

 

LE Brexit va s’inviter dans le débat national sur les enjeux européens, et nous devons y être prêt. Face à cette Europe de l’argent, nous proposons une Europe des gens, c’est-à-dire une liste composée majoritairement d’ouvriers et d’employés, de celles et ceux qui subissent et affrontent ces politiques.

 

Notre conception du rassemblement c’est d’abord celui du monde du travail tel qu’il est aujourd’hui et notamment tels que sont la majorité des travailleuses et des travailleurs, ouvriers, employés.

Et c’est un rassemblement autour de repères de classe, et de propositions qui répondent aux aspirations du plus grand nombre.

C’est notre ADN.

 

Durant des décennies l’union de la gauche a été ce moteur pour faire avancer la société vers des avancées sociales, sociétales et démocratiques. La gauche est aujourd’hui exangue, divisée, réduite à a peine 25 % dans les sondages.

 

Nous ne pouvons nous y résoudre et c’est pourquoi jusqu’au dernier moment nous tendrons la main à celles et ceux, forces politiques et citoyennes qui veulent changer l’Europe, qui veulent construire une nouvelle espérance.

 

Et dès maintenant nous nous adressons à celles et ceux qui subissent les politiques européennes…

Les communistes ont été de toutes les batailles depuis 1979 pour des avancées sociales et démocratiques au parlement européen.

 

Nous avons Refusé et combattu tous les traités libéraux qui conduisent l’Europe aujourd’hui à une crise économique et politique dont elle ne sort pas.

 

Nos députés Européens, de Francis Wurtz à Marie Pierre Vieu ont œuvré pour le développement des services publics, l’Harmonisation sociale par le haut, Reprendre le contrôle sur la finance, pour Des pouvoirs nouveaux.

 

Nous porterons dans cette campagne une vision d’une Europe à géométrie choisie, une union des nations et des peuples souverains et associés.

 

Il faut des députés communistes au parlement européen pour défendre les intérêts non seulement du peuple français mais de tous les peuples européens. Quand on travaille en France, ce doit être avec un contrat français, voila ce que nous disons pour défendre les intérêts des travailleurs français mais aussi de tous les travailleurs européens pour lutter contre le dumping social. Nous remettons en cause les délocalisations, et nous voulons prélever à la source l’impot des sociétés, nous voulons une harmonisation sociale et fiscale par le haut et lutter contre l’évasion fiscale.

 

Nous voulons réorienter la politique de la BCE, créer un fond de développement des services publics. 3000 milliards ont été donnés aux banques en 10 ans sans contrepartie, et ces milliers de milliards alimentent aujourd’hui la spéculation. Nous voulons que ces richesses servent au développement des services publics, des soldiarités, de l’emploi et des salaires pour de nouveaux modes de dévelopepment.

 

Marie Hélène Bourlard peut être la première femme ouvrière à rentrer au parlement, et ce n’est pas un supplément d’âme, c’est un choix politique clair.

 

Il faut des députés pour la Défense des intérêts des travailleurs européens et parmi eux des travailleurs français, non pas face aux salariés d’autres pays, mais face au patronat, au capitalisme financiarisé qui détruit tout pour surmonter une crise qui connaitra un nouvel épisode dramatique.

 

Enfin il faut des députés porteurs d’un message de paix :

Solidarité avec tous les peuples en lutte : peuple palestinien, le peuple kurde et le peuple sarhaoui

Solidarité avec le peuple brésilien, le peuple venezuelien

Solidarité avec les migrants qui fuient la guerre, la misère, la faim, les catastrophes écologiques.

 

Enfin Je terminerai ces vœux en lançant un appel pour l’Humanité, notre journal, le journal de Jaurès, le journal de toutes les luttes émancipatrices du XXe et du XXIe siècle.

Notre journal est en danger et j’en explique brièvement la raison comme l’a fait P Le Hyaric au CN de samedi.

 

Nos difficultés ne sont pas nouvelles, mais depuis 2015 nous discutons avec les banques pour obtenir un prêt de 3 millions d’euros. Je ne rentre pas dans les détails mais celui-ci nous est refusé alors que l’Etat nous prive de 1 million d’euros de revenus pour les titres à faible ressources publicitaires.

 

Les banques ne veulent pas prêter à l’Humanité, elles veulent l’acheter pour la réduire et la faire taire, pour la faire rentrer dans le moule de la bien pensance et de l’ordre établi.

 

Nous devons trouver 3 millions d’euros dans les semaines qui viennent. Grâce à l’engagement de nombreux camarades et amis, 1 million d’euro a déjà été levé, mais il faut poursuivre et amplifier la souscription populaire pour la survie de l’Huma.

 

Mais ça ne suffira pas, L’Humanité n’existe que parce qu’elle est lue. Il faut la vendre, la proposer, en proposer l’abonnement. Un abonnement spécial de l’HD sera proposé dans les prochains jours pour deux mois à 27 euros, il faut s’en emparer.

 

L’Humanité nourrit les communistes d’informations, d’analyses, de points de vue. Elle nourrit la réflexion de milliers de syndicalistes, d’élus, de militants des droits humains, de la paix, des solidarités.

 

Chacun peut agir, l’acheter et le faire acheter, proposer l’abonnement. Nous avons une grande bataille à livrer pour la survie de l’Humanité et la diffusion de la presse communiste en général.

 

JE souhaite donc à chacun de vous, du bonheur, beaucoup de bonheur, la santé pour vous et vos proches.

Je nous souhaite de belles batailles victorieuses, une belle campagne des européennes.

Je nous souhaite d’avoir un Parti fort et nombreux pour agir sur le monde.

JE nous souhaite des jours heureux et le plus longtemps possible.

 

Vive le journal l’Humanité

Vive le Parti Communiste

Publié par

slaborde

secrétaire départemental du PCF, adjoint au maire de Saint Denis de Pile et vice président de la CALI en charge de l'action sociale. Enseignant spécialisé.

Une réflexion sur « discours lors des voeux de la fédération de Gironde du PCF »

  1. D’accord ou pas d’accord

    – il devient de plus en plus difficile de savoir ce que les communistes veulent – cela n’aide pas à les rejoindre

    – le débat avec certains militants et entre militants devient de plus en plus difficile ou plutôt inexistant

    – la position face à l’émergence , à la signification, ou au développement du mouvement des gilets jaunes n’est pas non plus très claire ou plutôt elle est très variable suivant l’échelle – locale-départementale- régionale et nationale

    – une crainte : c’est qu’au nom le l’union /du rassemblement des forces (si l’on peut dire) de gauche – on recommence les opérations à seule vocation électorale et.. financière.

    – un regret l’abandon de la faucille et du marteau – c’était un symbole !

    – Enfin peu important – le fond noir du blog – un peu déprimant et agressif

    Cordialement

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