Qui n’a jamais entendu que les français n’aimaient pas le changement, et notamment les catégories populaires, n’a jamais rencontré de patron, d’homme ou femme de droite, de libéraux. Cette phrase vient souvent avant ou après d’autres poncifs : on paie trop d’impôts, y’a trop d’étrangers, les gens n’aiment pas travailler, c’était mieux avant etc.

C’est une vieille antienne et ce qui n’est pas anodin c’est qu’un Président de la République parle aussi mal du peuple français depuis un autre pays et face à la presse nationale et internationale. A croire que dans la start-up nation, la com c’est secondaire.

Ce que révèle ces propos, c’est ce que nous savons déjà, un profond mépris du Président de la République pour le peuple français, le pays réel. Son entourage évoque une tentative d’humour. Et bien disons que Jean Roucas n’est pas complètement mort alors, ni Faisan. La tradition de l’humour réactionnaire et imbécile est perpétuée.

Ce faisant, le Président tente aussi de faire oublier la démission de Nicolas Hulot. Je le dis d’emblée, je n’ai pas une grande estime pour l’homme, mais il était la figure d’ouverture à la société civile, à l’aspiration profondément ancrée je crois dans le pays réel de vivre dans un environnement sain tout en préservant la planète, la biodiversité, et l’urgence de lutter contre le réchauffement climatique.

Ce qu’il dit est terrible, sur la gouvernance et la façon dont les politiques se décident au sommet de l’Etat. Et si même un homme comme lui réalise que le libéralisme et l’austérité sont incompatibles avec la transition écologique, cela doit pousser tous ceux qui combattent cette politique à plus d’audace et à engager les combats qui sont les nôtres de manière beaucoup offensive.

Car si le Capitalisme nous conduit à des catastrophes, si cette prise de conscience grandit partout dans le monde et dans la société française, cela ne fait pas du changement profond de société un évidence qu’il faudrait attendre patiemment tandis que la situationde millions de personnes se dégrade. La construction d’une alternative est en revanche à l’ordre du jour car aujourd’hui elle manque cruellement à toutes celles et ceux qui sont en colère, subissent ou s’opposent.

Francis Wurtz, ancien député européen a fait le choix salutaire selon moi il y a quelques jours d’écrire une chronique révélant 10 bonnes nouvelles pour l’humanité partout dans le monde. Et si, le progrès, les avancées étaient plus rassembleuses que la colère et la contestation ?

Nous ne devons pas renoncer à saisir toute la complexité du monde qui nous entoure et à une démarche dialectique en toute circonstance. Car des révolutions sont en cours, la grande aspiration à la fraternité humaine, à l’égalité, à vivre dans un environnement sain respectueux de la nature, l’aspiration au progrès, à la justice, à la paix, tout cela continue de vivre dans une société déchirée, rongée par les dominations et l’exploitation capitaliste dont la financiarisation de l’économie en est la phase avancée.

La vacuité des propos du Président nous tirent vers le bas. Céder aux idées dominantes nous tire vers le bas. Subir des défaites sociales et politiques nous tire vers le bas et des renoncements mortifères.

Il y a donc urgence à saisir aussi les avancées, les tentatives de trouver de nouveaux modes de développement, d’échanges. Il y a urgence aussi à analyser les mouvements de citoyens, les mobilisations, même locales qui existent et qui affrontent les logiques libérales, la recentralisation des pouvoirs et l’austérité budgétaire.

Car c’est dans la réalité quotidienne qu vit le peuple français qu’existent les leviers pour d’autres choix. Il y a donc lieu de faire connaître ces tentatives, ces avancées et ces petites victoires.

La victoire des salariés d’Intermarché face à un referendum d’entreprise inique, ce que font de nombreuses communes pour la rentrée scolaire, les conditions d’accueil des enfants, la lutte des femmes de Bègles contre les marchands de sommeil et la préfecture, la bataille pour que l’Hopital Public remplisse sa mission, la lutte des cheminots, des électriciens, des salariés de Ford, ces agriculteurs qui renoncent au glyphosate et s’engagent vers un nouveau type de production, et tant d’autres choses…