intervention au conseil national du pcf, le 13 mars 2021

J’approuve globalement le texte de la commission au regard d’éléments d’appréciation politique qui ont guidé son écriture.

D’abord la gravité de situation et son caractère inédit, qui doit nous pousser à envisager différemment 2022 que nous l’avons fait en 2017 et 2012 et surtout ne pas considérer le contexte figé y compris sur le plan des intentions de vote…

Ensuite, que ce soit la présidentielle, les législatives mais aussi les départementales ou les régionales ne sont pas la préoccupation des gens, et aujourd’hui l’électorat populaire notamment ne voit pas bien ce qui peut sortir de bon pour lui de ces élections et a d’autres chats à fouetter dans le contexte sanitaire, social et économique que nous connaissons tous.

3eme point : on ne peut envisager l’élection et la question du rassemblement sans tenir compte des évolutions stratégiques et politiques d’autres forces, LFI et Melenchon, stratégie de rassemblement qui fait de fait de la présidentielle l’élection première, qui définit les rapports de force politiques, et qui personnalise à outrance les enjeux du scrutin, alors que nous considérons à juste titre que le présidentialisme est un obstacle au changement réel.

Nous devons aussi analyser avec sérieux les contradictions dans lesquelles la sociale démocratie et l’écologie politique se retrouvent aujourd’hui et la faiblesse historique de la sociale démocratie.   Et ne pas seulement considérer que la force communiste est faible, sans regarder et dire que son affaiblissement n’est pas une bonne chose pour le pays et que le rôle que nous avons joué  reste aujourd’hui vacant. Notre affaiblissement et celui de la gauche dans son ensemble son concomitants, et donc peut être liés… c’est une hypothèse à pousser.

Il s’agit pour 2022, si on veut contribuer à faire émerger et grandir une alternative politique,  de changer de logique, de faire changer de logique la gauche toute entière et le texte porte cette ambition.

Par exemple, nous ne pouvons plus considérer l’électorat de gauche comme une entité fermée et intangible, tout comme nous ne pouvons considérer l’électorat RN de la même manière même si il comporte un noyau important et très mobilisé, pas plus d’ailleurs que l’électorat de Macron ou de la droite.

On ne peut se résoudre à l’idée que le RN sera à un haut niveau même si c’est une réalité aujourd’hui car  cela revient à considérer que nous n’avons rien a dire à cet électorat , au salariat qui se perd, s’égare et se trompe dans le vote RN ?

Il ne s’agit pas non plus a gauche de considérer l’électorat des différentes forces comme des vases communicants dans un ensemble clos, ou qui s’additionneraient mécaniquement.

Mais de mesurer les dynamiques qui sont a l’œuvre et les obstacles et les débats qui obèrent le rassemblement derrière une seule force et une seule candidature. Mesurons ce qu’il faut impulser pour sortir de cette phase historique ou la gauche est considérablement affaiblie et est coupée d’une partie importante des catégories populaires, du salariat dans sa diversité.

Ouvrir une perspective est bien notre objectif politique avec ce texte et il est très ambitieux, et nous devons en mesurer les obstacles et ce qui bouge aujourd’hui, mais il n’y a pas de solution facile et évidente.

Il ne s’agit pas, parce que je pense que ça ne suffira pas de vouloir simplement battre Macron et Le Pen, d’ailleurs la droite portera également cet objectif et l’exprimera certainement de la même manière. ET donc une candidature unique de la gauche n’est pas une condition ni nécessaire, ni suffisante pour créer une véritable dynamique.

Il s’agit d’engager une initiative politique de grande ampleur, et en ce sens, je crois que lancer un appel est indispensable.

On ne peut mesurer la pertinence d’une candidature communiste simplement au travers de notre score potentiel ou estimé, notamment sans tenir compte du fait que nous n’avons eu de candidat depuis 15 ans. Mais bien de regarder la gravité de la situation, et la faiblesse de la gauche dans son ensemble. Mais aussi et surtout de ce que nous devons faire grandir dans un moment d’accélération du débat politique, de confrontation, et une élection qui a la participation populaire la plus importante et de loin.

Considérer qu’une candidature communiste est un obstacle ou un frein est une erreur de mon point de vue, et particulièrement dans cette période inédite et historique .

IL y a besoin d’une candidature qui porte des contenus qui rompent avec les logiques libérales, qui contribuent à amplifier les luttes, comme le dit le texte avec les axes de bataille énoncés pour pousser ce qui grandit dans la société. Le travail engagé en direction des salariés, sur l’école, la santé, le plan d’urgence, la lutte contre le projet hercule, pour le rail, GE, etc… tout cela doit prendre place dans le débat présidentiel… avec deux enjeux majeurs, une autre utilisation de l’argent, la lutte contre le capital, contre le cout de la finance sur la société et avec la démocratie, la conquête de nouveaux pouvoirs jusque dans l’entreprise et le monde du travail.

C’est je crois le rôle que peut et doit jouer une candidature communiste et la responsabilité qui est la notre.

Publié par

slaborde

secrétaire départemental du PCF, adjoint au maire de Saint Denis de Pile et vice président de la CALI en charge de l'action sociale. Enseignant spécialisé.

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