niemeyer_coupole_cn_pcf_0L’actualité politique et sociale nous appelle à l’action et à la prise d’initiative et je partage la proposition d’une grande campagne nationale pour le progrès social, pour de nouvelles conquêtes sociales.

Une question se pose aujourd’hui : comment faire grandir ce mouvement, qu’il s’élargisse, notamment à la jeunesse et qu’il s’inscrive dans la durée.

Il s’agit de mettre en effet en échec Macron mais aussi de savoir comment on développe dans le mouvement et en direction du monde du travail à la fois des mesures immédiates qui répondent à des besoins et des revendications et qu’on ouvre un horizon atteignable à l’échelle d’une vie de changements profonds et de sortie des logiques de marché et de concurrence.

Comment contribuer à ce que ces mouvements d’opposition à la politique de Macron (Fonctionnaires, salariés, sur le logement, les transports) convergent vers un large mouvement de transformation de la société et de dépassement des logiques de marché. La campagne que nous lançons peut y contribuer et pour cela il me semble important d’agir dans 3 directions.

Il s’agit d’abord de démontrer le poids que fait peser le coût du Capital sur la société toute entière dans tous les domaines : de la santé, de l’éducation, des transports, du logement, les conséquences sur l’ emploi, les conditions de travail et le développement industriel.

Notre campagne doit être une campagne large de dénonciation du coût du Capital sur la société pour identifier les causes profondes de la crise et élever cette conscience dans la société toute entière.

Il s’agit aussi d’appuyer ce qui émerge dans les luttes sur le plan du pouvoir d’achat, la lutte contre la pauvreté, des hausses de salaires et de pensions, la réduction du temps de travail, la lutte contre le chômage et la précarité, la conquête de droits nouveaux, les solidarités, en lien aussi avec ce que nous appelons les solidarités concrètes. Tout ce qui affronte aujourd’hui les intérêts du Capital et se heurte à l’intransigeance du patronat et du gouvernement car c’est justement en reprenant au capital une part des richesses produites que ces propositions seront mises en œuvre. Les cahiers du progrès social peuvent permettre de donner de la force et de la cohérence à l’ensemble de ces revendications.

Il s’agit enfin de bâtir, à partir des aspirations qui existent, parfois en germe dans la société, des propositions pour un nouveau code du travail et de nouveaux services publics et qui ouvrent l’horizon vers un changement de société. Nous ne pouvons en rester à un combat défensif, de dénonciation. Des questions de fond se posent aujourd’hui dans le salariat moderne et dans la société.

Comment sécuriser l’emploi et la formation et garantir à chaque travailleur la protection de garanties collectives qui permettront l’émancipation de chacun(e) et le dépassement du marché du travail ? Comment développer de nouveaux services publics qui garantisse à chacun(e), à tous les âges de la vie, dans tous les domaines l’accès aux savoirs, aux soins, au logement, aux transports, aux droits et à la solidarité? Comment conquérir de nouveaux droits, de nouveaux pouvoirs au travail et dans les institutions ? Ce sont là des enjeux essentiels pour lesquels nous avons des réponses qu’il faut verser dans le débat.

Nous devons faire preuve d’audace pour les populariser et les mettre entre les mains du plus grand nombre.

Si nous lançons cette campagne, elle doit nous servir aussi dans le cadre de la préparation du congrès. Nous devons mieux appréhender les conséquences de nos gestes politiques dans l’opinion, être capable de mesurer les mouvements de la société et les obstacles pour déboucher sur un mouvement transformateur. En un mot nous devons avoir l’esprit de suite dans tout ce que nous faisons, de suivi et d’analyse.

Plus globalement, notre ambition doit être explicite dans tout ce que nous faisons : nous voulons révolutionne la société. Et il ne s’agit pas seulement pour cela de porter un projet révolutionnaire, avoir les meilleures propositions , mais de mettre en œuvre des pratiques politiques porteuses de transformations, et de saisir ce que produit déjà le capitalisme comme transformations porteuses de son dépassement.

Une autre question est de savoir quel lien entretenons nous avec les autres forces d’émancipation, sociales, politiques et intellectuelles ? Pas en terme d’alliance, d’accord, ou de fusions éventuelles, mais véritablement quelles convergences avons nous, avec qui, quels débats, quels confrontations ?

Ces questions sont à instruire dans le cadre de notre congrès, et c’est à ce niveau que nous devons hisser le débat dans le parti en jouant pleinement notre rôle de direction.

Nous devons en permanence faire le va et vien entre la réflexion théorique et nos pratiques, pas de pratique sans théorie, mais pas de théorie non plus sans pratique disait-on autrefois.