editorial des Nouvelles de Bordeaux du 17 janvier 2018

Depuis 8 mois c’est une avalanche de mesures ultra-libérales et régressives que nous subissons.L’objectif est simple : soumettre au plus vite l’ensemble de la société française aux appétits des grands groupes financiers et des forces de l’argent.

Le pouvoir en place a les coudées franches et voit même la côte de popularité du président et du premier ministre bondir. En effet, les premières mesures confortent l’électorat d’Emmanuel MAcron à la présidentielle, l’électorat de droite est séduit par ces mesures , notamment sur la réduction de l’immigration clandestine et la chasse aux chômeurs. Et aussi, et peut être surtout, la gauche et le mouvement syndical semblent aujourd’hui dans l’incapacité de peser, d’initier des convergences entre celles et ceux qui aujourd’hui engagent des luttes.

C’est l’ambition recherchée par le PCF qui organise des Etats Généraux du progrès social à Paris le 3 février prochain. En Gironde, des luttes émergent autour de la défense de l’Hopital, des ehpad, sur la question du transport ferré de voyageurs et de marchandises, autour des questions du logement et du droit à la ville.

Les forces de transformation sociale, qu’elles soient politiques ou citoyennes sont face à une même contradiction. 30 ans après la chute du mur de Berlin, jamais le capitalisme et le libéralisme n’ont été aussi impopulaires et les mesures du gouvernement Philippe ne bénéficient pas de majorité pour les soutenir, pas plus que les gouvernement Sarkozy et Hollande n’en ont bénéficié.

Et pourtant, alors que des luttes émergent, que la contestation est dans toute les tête, que chacun prend conscience que des sommes colossales sont accaparées par une minorité, nous n’arrivons pas à faire émerger une perspective de changement réel construite pas à pas avec celles et ceux qui subissent l’exploitation.

Deux faits majeurs expliquent cela. Un salarié de moins de 50 ans n’a pas connu de mouvement débouchant sur une avancée sociale ou démocratique. Il et elle n’a connu que la crise et le chômage de masse et une alternance politique sans avancées sociales significatives à l’exception peut être des 35h.

La question n’est donc pas d’être les meilleurs opposants à Macron et sa politique de division, d’appauvrissement et de régressions pour les classes populaires, mais d’être en capacité d’ouvrir pour les luttes actuelles une perspective de changement réel qui rompe avec les politiques menées depuis plus de 30 ans.

Porter cette ambition, c’est se confronter à l’état réel de la société et mesurer à quel point les aspirations individuelles à vivre mieux appellent l’émergence de combats collectifs pour le changement de société, sans quoi ils sont voués à l’échec.