Mon intervention au CN du 26 janvier 2019

Intervention au Conseil National du PCF, 26 janvier 2019

Il nous faut aborder l’analyse du mouvement des gilets jaunes dans toutes ses contradictions pour permettre d’amplifier l’engagement des communistes dans cette bataille.

 

 

Les freins

C’est un mouvement atypique, très populaire, très rural et peri-urbain, zones ou nous ne sommes pas forcement implantés.

Il est à l’image de ce que sont les catégories populaires dans notre pays, et est traversé par des mouvements contradictoires et pour certains que nous affrontons.

A Bordeaux il est aussi la traduction de la conséquence des politiques libérales et de réduction de la dépense publique sur des territoires entiers, et de la metropolisation du département avec une metropole qui concentre tous les pouvoirs, les richesses, et des territoires qui ont le sentiment d’être relégués et abandonnés, oubliés.

Il y a dans ce mouvement une grande défiance vis-à-vis des organisations politiques ou syndicales mais pas forcément à l’égard des militants de ces organisations.

Il y a beaucoup de choses à faire avancer dans ce mouvement et dans la population, les bases de classe sont en train de grandir autour du pouvoir d’achat, de la justice fiscale et de la question démocratique.

Tout cela nous devons l’aborder avec les communistes et fixer des objectifs politiques pour pousser ce qui doit l’être et affronter aussi les impasses : il faut donc un texte autre que la resolution qui dise ca.

 

CE qu’il faut pousser

 

Nous devons donner aux communistes la capacité d’intervenir d’intervenir autour de 3 axes et 3 objectifs:

Les réponses aux attentes et aspirations, la popularisation de nos propositions, premier objectif, de base je dirais.

Nous voulons que ce mouvement gagne et pousse toute la société vers le progrès social et démocratique. 2eme objectif

La question de l’élargissement du mouvement à l’ensemble du monde du travail et sa perennité, et notre volonté et notre conviction que cet élargissement doit se faire en direction du mouvement social, et de celles et ceux qui luttent pour l’emploi, les salaires, et les SP, les solidarités.

Et le 3 eme objectif c’est la question du débouché politique, c’est-à-dire comment on porte une autre politique au pouvoir.

Il ne s’agit pas seulement de distribuer des tracts et de faire signer des pétitions. La question du comment dire les choses est aussi importante que celle du quoi dire ?

 

Sur le 2e objectif : gagner et donc élargir et perenniser

3 idées donc :

Le 5 février doit être construit par nos adhérents dans cet état d’esprit.

Et nous devons associer les gilets jaunes à toutes les luttes qui existent dans les territoires. L’hopital, les SP, le lien entre stylos rouges et gilets jaunes, entre les Ford et les gilets jaunes…

Et faire rentrer dans l’entreprise cette question… A partir de nos forces actuelles dans les boites.

Et puis il y a la petition et les cahiers de doléances autour desquels nous devons batir des initiatives largement ouvertes afin que les gens se rencontrent à notre initiative.

 

Enfin la question du débouché politique. Et ca ne peut pas être une liste aux européennes, ou le fait de dire que nous faisons de la place au mouvement sur notre liste même si il faut le faire, et encore moins de seulement voter pour une liste qui dit soutenir le mouvement.

il faut aussi rentrer dans le dur de cette question.

Nous portons une conception large et originale du rassemblement fondée sur des contenus qui répondent aux aspirations populaires et la rupture avec le dogme du libéralisme. C’est notre ADN.

Le rassemblement que nous voulons c’est d’abord celui du monde du travail et de la création autour de réponses aux aspirations populaire, à vivre mieux, à la justice fiscale et à la distribution des richesses, et à la démocratie et la liberté. Et notre liste n’est pas dénuée d’atouts en la matière que nous devons mettre en avant.

Les 10 propositions que nous allons formuler à l’issue du débat national doivent être le socle d’un appel à refonder une espérance populaire.

Publié par

slaborde

secrétaire départemental du PCF, adjoint au maire de Saint Denis de Pile et vice président de la CALI en charge de l'action sociale. Enseignant spécialisé.

3 réflexions au sujet de « Mon intervention au CN du 26 janvier 2019 »

  1. Excellente intervention qui mérite d’être développée. Une remarque toutefois, cette formulation « monde du travail et de la création » tend à faire penser qu’il y aurait là deux mondes disjoints, ce n’est pas cohérent avec la pensée communiste.

  2. Dans l’ensemble je partage ce que dit Sébastien. Si je considère comme très utile la signature de la pétition sur nos propositions (les premiers résultats réalisés par notre section l’attestent) et sans connaître à cette heure quelles vont être les 10 propositions qu’il évoque, reste que comme l’écrit Sébastien « le comment dire est aussi important que le que dire ». J’ai envie de dire que mettre à la disposition un texte qui permette à chacun de donner son point de vue sur les grandes questions abordées dans « Les cahiers de Doléances et de l’espoir » c’est être raccord avec la société telle qu’elle est, avec l’exigence de démocratie-pour faire court- c’est la faire vivre au concret et donc permettre au plus grand nombre d’avancer vers la reconnaissance de notre utilité…

  3. Le discours est clair sur le constat. Je le trouve moins précis sur les acteurs du mouvement . Je fais allusion aux retraités, aux chômeurs, aux mères de famille et aux jeunes étudiants. Dans ton discours tu fais principalement allusion au monde du travail . Je peux comprendre que c’est la population qui est la plus accessible aux syndicats . les salariés ne sont pas dans une situation où ils sont en capacité de perdre du salaire pour faire une grève générale mais on retrouve les salariés le samedi dans les manifestations gilets jaunes. Aujourd’hui, la peur d’être taxé de récupérer le mouvement empêche les corps intermédiaires de se positionner clairement À l’image de Martinez et plus localement en gironde par Versini. . Par la ligne officielle, le PCF par l’intermédiaire de l’Humanité Dimanche et de notre secrétaire général fabien Roussel porte un langage un peu plus clair mais pas encore suffisant.

    Jean Luc Pierre

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