23916065_10155615966532631_6940338171674403267_nMercredi nous organisions au siège de la fédération de gironde du PCF une soirée débat autour d’octobre 2017. Nous avions invité Guillaume Roubaud-Quashie, directeur de la revue du PCF  Cause commune. Pourquoi une soirée sur Octobre 2017 ?

D’abord parce qu’interroger l’histoire est toujours utile et pour reprendre la formule d’Howard Zinn, « tant que les lapins n’auront pas d’historiens, l’histoire sera racontée par les chasseurs ». Fort heureusement, le mouvement ouvrier et le mouvement révolutionnaire ont des historiens. Octobre 1917, la révolution russe fait partie de notre histoire. Bien sûr elle fait partie de l’histoire des communistes français, puisque ce Parti fut créé en 1920 avec la décision de la SFIO d’adhérer à l’Internationale Communiste. Mais c’est l’histoire du mouvement ouvrier, de toutes les forces de progrès. D’ailleurs les révolutionnaires de 1917 avaient étudié attentivement l’expérience sanglante de la Commune de Paris. Il est à ce sujet très intéressant de redécouvrir comme nous y a invité Guillaume le fil des événements entre février et octobre 17 en Russie.

Mais ce qui nous importe aujourd’hui, c’est aussi l’écho qu’a eu durant des décennies la révolution d’Octobre, tant ce qu’a réussi le peuple Russe en quelques mois est prodigieux et continue d’effrayer aujourd’hui les tenants de l’ordre établi, la bourgeoisie et ce qu’est aujourd’hui la classe capitaliste, les grands actionnaires, les familles les plus riches, partout en Europe et dans le monde.

La peur du rouge part de là, et ce fut aussi une formidable source d’espoir, la preuve du Pudding c’est qu’on en mange ! Et bien Octobre, c’est la preuve qu’un peuple peut tout renverser.

Enfin, ce qui est intéressant pour aujourd’hui et les débats qui traversent les forces de transformation sociale, c’est de voir à partir de quoi la révolution s’est faite, avec qui, et comment ?

Le slogan des bolcheviques était celui-ci « le pain, la paix, la terre », et il faut rajouter pour être juste, le contrôle ouvrier. La guerre avait déjà fait 3 millions de morts côté russe, il y avait une forte défiance vis à vis du pouvoir en place, et également du pouvoir provisoire, ce que voulaient les ouvriers et paysans, c’était le contrôle de la production car 1000, 1 000 000 de cerveaux seront toujours plus intelligents qu’une seule tête, fut-elle productrice d’une pensée complexe et brillante…

Qui, qui était la classe exploitée dans la Russie de 1917 ? 2 millions d’ouvriers, sur 170 millions d’habitants, mais qui détiennent un grand pouvoir par leur force de travail. La Russie Rurale et paysanne, les hommes mobilisés au Front, les femmes qui lancent de nombreuses grèves. Tout ceux là ont des intérêts communs, dont 1, ils veulent la paix, maintenant. Il est utile de s’interroger aujourd’hui, à un moment ou la lutte des classes est niée par certains, qui sont les exploités aujourd’hui, quel est le cœur de l’appareil productif et de l’exploitation, et quelles alliances entre ces différentes catégories de travailleurs peuvent s’opérer pour devenir un mouvement majoritaire, une vague qui l’emporte sur tout le reste.

Cette question essentielle nous est aujourd’hui posée. Des réponses que nous donnerons découlera comment nous envisageons le combat politique pour transformer la société, et quel outil politique nous mettons à la disposition du plus grand nombre pour atteindre cet objectif.

Je termine par une idée que défend Lucien Sève. Il prétend avec d’autres que l’échec des pays socialistes qui a suivi la révolution de 1917, est dû au fait que les conditions matérielles n’étaient pas réunies et que cela a conduit à l’échec et l’effondrement des pays socialistes , soit, cela mérite d’être approfondi. Mais il dit en suivant qu’aujourd’hui, les forces productives partout dans le monde ont atteint un niveau inédit de capacités de production, et que le Capitalisme en crise conduit l’Humanité à des catastrophes, sociales, économiques, et écologiques, à des guerres, et des famines, à la raréfaction des matières premières, à la disparition de notre écosystème. Ce siècle peut, ou plutôt, doit être celui de l’avènement d’une société post-capitaliste débarrassée de ses contradictions.

Et il dit encore, aujourd’hui en France, aucune force politique ne prend la mesure de l’état avancé de la crise du capitalisme, des capacités de dépassement formidable qui existent, de ce qui grandit aujourd’hui dans les consciences et qu’on peut résumer ainsi « nous courrons à la catastrophe, il est temps d’inventer autre chose ».

Aborder notre congrès avec cette idée profondément ancrée donne à voir le formidable champs de réflexion et d’action qui pourrait être le notre.