Le forcené de L’Elysée

Après un été désastreux pour son image, le gouvernement et le Président de la République ont fait leur rentrée ce mercredi. Le Président l’a dit et répété à nouveau : il ne lâchera rien. Après son minable « Qu’ils viennent me chercher », il remet ça après avoir passé ses vacances au fort de Brégançon sans jamais dire un mot du sort des migrants naufragés en Méditerranée.

Son image est aujourd’hui considérablement dégradée. 14% seulement des français jugent son action satisfaisante, et 80% le jugent autoritaire, les 2 tiers des français ne lui font pas confiance.

Et pourtant le forcené de l’Elysée prépare une nouveau tour de vis austéritaire.

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Un pognon de dingue

La croissance française est en berne, le chômage n’a jamais été aussi élevé avec environ 5 à 6 millions de travailleuses et de travailleurs qui ont connu une période de chômage au cours de l’année passée. La probable hausse des prix du pétrole, les signes de fragilités des groupes financiers laissent entrevoir une nouvelle crise alors que la consommation des ménages, les dépenses en investissements des collectivités sont très contraintes.

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Intervention au Cn des 2 et 3 juin

Je livre ici mon intervention au conseil national du PCF qui se tenait ce week-end et devait adopter un projet de base commune de discussion pour le congrès que nous tiendrons en novembre.

J’apporte au préalable une précision importante, j’ai exprimé à la commission du texte dès mercredi quelques critiques. J’ai pris le parti de penser que le texte proposé bien qu’insuffisant pouvait être amélioré considérablement durant le week-end. J’ai formulé vendredi plusieurs amendements au texte sur chacune des trois parties. La plupart de mes amendements ont été retenus.

Malgré cela, et les améliorations notables du texte durant le week-end, le texte proposé doit encore être profondément amélioré, des questions approfondies s’il était choisi comme texte de base commune, notamment sur la question de notre stratégie, mais également sur une question fondamentale, notre capacité à analyser de manière contradictoire et efficiente les mouvements de la société engendrés par la crise systémique du capitalisme et ses conséquences, crise sociale, crise politique, crise institutionnel, crise morale, crise écologique.

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Rassembler pour le service public

Nous étions 150 en débat hier soir à Bègles pour l’avenir de la SNCF. LFI, EELV, PCF présents à une même tribune, avec une responsable syndicale cheminote, Celine Simon, secrétaire du CCE SNCF pour aborder concrètement les questions qui sont posées pour un grand service public ferroviaire.

Il y a besoin d’initiatives comme celle-ci qui avec les questions de contenus abordent celle du rassemblement et des convergences. Loïc Prud’homme et Clément Rossignol ont accepté cette invitation à débattre avec notre camarade et député de Normandie, Hubert Wulfranc.

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Gagner la bataille de l’opinion

JE réponds cette semaine à une interview dans les Nouvelles. En voici le contenu, sur le mouvement social, l’activité riche du Parti Communiste dans cette période, la question du rassemblement et de la stratégie qui se pose ici dans un mouvement de lutte…

 

  • Une nouvelle page politique et sociale s’est ouverte avec le conflit des cheminots, celui des Postiers, à la Fac et chez les Ford,… Comment analyses-tu cette accélération du mouvement social ?

Depuis janvier le climat a changé, avec la hausse de la CSG pour les retraités, les effets des premières mesures sur la loi travail, les conditions de travail dans les services publics qui se dégradent encore, on semble sortir de la torpeur et de l’attentisme qu’on constatait à l’automne. Depuis un an, le fossé est béant entre les déclarations du gouvernement et les effets de sa politique. De plus en plus de gens considèrent comme nous que Macron est le Président des riches et de la finance.

Dans ce moment, le mouvement des cheminots donne de la combativité à de nombreux secteurs en lutte. Et c’est bien de cela dont le monde du travail a besoin, pas simplement de la colère et du ras le bol, mais de la combativité et de l’intelligence collective.

La forme du mouvement choisie par les cheminots permet cela. D’abord il s’inscrit dans la durée et permet à d’autres secteurs de construire des mobilisations. Ensuite, le calendrier étant connu, le désagrément est moindre pour les usagers, cela permet d’avoir un véritable dialogue pour convaincre l’opinion publique du bien fondé de ce mouvement et des propositions alternatives pour sortir de la situation actuelle à la SNCF. Enfin, c’est un mouvement unitaire dans l’entreprise et chaque étape est soumise à discussion. Celui ou celle qui a connu un tel mouvement dans sa vie militante sait que la discussion et le débat sont très riches dans ces moments là et que cela prend du temps.

  • Quelle place ont pu prendre les militants du PCF dans ces mouvements ?

Depuis le mois de janvier les communistes ont mobilisé sur la question des trains du quotidien et du fret, à partir de la mi-mars nous sommes allés à la rencontre des cheminots et des usagers sur la question des réformes en cours. Nous avons distribué des tracts dans toutes les gares du département et nous avons programmé 6 réunions publiques . Il faut en effet ouvrir des espaces ou cheminots, usagers, citoyens se parlent. Il fallait dénoncer les mensonges du gouvernement et la gravité de l’attaque contre le service public que représente le rapport Spinetta et aussi mettre en débat des propositions pour permettre à l’entreprise de se développer, et de répondre aux besoins des populations et des territoires. La dimension écologique du développement d’un grand service public ferroviaire n’est pas à négliger dans cette bataille pour convaincre l’opinion publique.

Nous avons donc contribué à ce qu’une majorité populaire se dessine pour soutenir le mouvement des cheminots. Et puis, et ce n’est pas un détail, nous faisons vivre en acte la solidarité du monde du travail en proposant notre badge « Mon train j’y tiens » dont tout l’argent récolté ira à la caisse de solidarité des cheminots grévistes.

Et puis nous sommes également actifs dans le mouvement des hopitaux et des ephad avec le tour de France des parlementaires communistes, auprès des postiers, des étudiants et des salariés de ford. Il y a enfin les questions internationales avec notamment les questions palestiniennes et kurdes.

  • On l’a vu, la France Insoumise a de son côté appelé à une grande journée de mobilisation le 5 mai prochain. Quel est ton regard sur cette initiative ?

La question qui est posée au mouvement social est celle de son élargissement et de travailler à des convergences entre tous les secteurs en lutte. Ce n’est pas une simple question de calendrier, c’est un débat politique dont il s’agit car s’il faut converger, il faut aussi élargir le champs de la mobilisation. Pour cela il faut aider à voir les logiques qui sont à l’œuvre et qui dépassent le seul champ de la SNCF. Macron et les marchés financiers veulent détricoter tous les acquis de 1945 pour répondre aux besoins de la rentabilité. C’est cela la bataille à la SNCF comme dans les hôpitaux, les besoins humains contre la rentabilité financière.

Depuis quelques temps, l’idée d’une grande journée de mobilisation un week-end à l’appel des forces politiques et syndicales est en réflexion. 12 organisations politiques dont le PCF et la FI, mais aussi le NPA et Génération.s ont signé un appel pour défendre et développer les services publics.

J’ai pour ma part et au nom du PCF écrit à toutes ces forces en Gironde pour que nous travaillons à des initiatives communes à partir de cette volonté politique de défendre le service public. C’est le service public ferroviaire, mais c’est aussi un plan d’urgence pour l’Hopital, les ephad, ce sont des batailles contre les fermetures de classes dans les écoles…

D’autres convergences peuvent voir le jour autour des questions des salaires et du pouvoir d’achat, de l’utilisation de l’argent et du poids du coût du capital sur l’emploi et le progrès social, on le voit à Ford, à Carrefour, mais aussi à La Poste.

Donc sur le principe, je n’ai rien contre une grande journée de mobilisation et d’initiative un week-end, bien au contraire je crois que si cela est bien travaillé, c’est de nature à faire franchir une étape au mouvement. Mais cela ne doit pas nous détourner de deux éléments essentiels : contribuer à la réussite des mobilisations décidées par les travailleurs eux mêmes, le 19 avril et le 1er mai sont déjà posées dans le paysage. Poursuivre le travail de proximité et d’échange avec la population. La bataille de l’opinion est essentielle.

  • Cela veut-il dire que le PCF y participera ?

J’ai bien lu l’appel et il ne pose pas la question en ces termes, il propose d’en débattre, débattons-en même si il y a des tentatives de refermer ce débat avant même qu’il ait lieu. J’ai deux questions, une de forme et basique et une autre plus politique et de fond. Je trouve le 5 mai trop rapproché du 1er et il y a un risque de zapper l’un pour l’autre. Si le 19 avril et le 1er mai sont réussis, pourquoi ne pas se donner un peu de temps pour réussir l’initiative suivante ?

Et puis, le mot d’ordre me semble léger et conduire à une impasse (faire la fête à Macron). C’est un vrai débat que nous avons, notamment avec la France Insoumise : faut-il personnaliser cette colère ? Cela la rend-elle plus combative et porteuse de sens comme je le disais tout à l’heure ? Quid du cahier revendicatif des cheminots, des postiers, des hospitaliers ? Quid du devenir de l’usine Ford, des salariés de Carrefour ?

Il me semble qu’une grande initiative unitaire, construite avec les organisations syndicales serait possible si on travaillait justement à partir des revendications des salariés autour de 3 grandes questions qui permettraient des convergences et qui sont contenues dans l’appel de Ruffin : celle du développement des services publics, celle de l’utilisation de l’argent face à une politique de satisfaction des intérêts de la classe capitaliste, et enfin la question démocratique : ce gouvernement n’a pas de majorité populaire pour soutenir sa politique.

  • Avec ces mouvements sociaux et la fête de l’Huma locale qui approche, l’actualité est riche et exigeante. N’y a-t-il pas un risque de « zapper » les débats du congrès dont le processus a commencé ?

Je pense au contraire que le mouvement social est aussi une chance pour nos débats dans la perspective du congrès. En premier lieu parce que rien ne serait pire que de mener ces débats en vase clos, l’actualité nous oblige à confronter à la réalité nos points de vue, nos convictions, parfois même nos partis pris.

Je prends un seul exemple, le débat stratégique. Il est de mon point de vue trop centré sur la question des alliances électorales, dont nous devons évidemment discuter mais une stratégie politique ne peut se résumer à cette seule question. Une stratégie, c’est un ensemble d’actions permettant d’atteindre un objectif politique. Nous devons nourrir un haut niveau d’ambition sur l’objectif à atteindre, dépasser le capitalisme qui conduit l’Humanité à des catastrophes sociales, économiques et écologiques. Sur ça il y a je crois une large adhésion dans le parti.

Aujourd’hui ce n’est pas la question de la façon dont on va à une élection qui est posée, mais c’est celle de notre intervention en direction du monde du travail. Comment à partir de ce qui bouge faire grandir l’idée qu’il est possible de dépasser la contradiction Capital-Travail dans notre société? Quelles propositions, quelles initiatives pour permettre que cette idée s’empare des masses ?

Le mouvement social nous oblige à être dans la bataille, dans l’action, et apprécier en même temps son évolution et la portée des gestes politiques que nous produisons. Un premier constat, il me semble nécessaire de hausser encore notre capacité d’action et d’intervention. Une des clés réside dans notre capacité collective à inventer de nouvelles formes d’intervention et d’initiative.

Toutes et tous cheminot.e.s

(éditorial des Nouvelles de Bordeaux du 5 avril)

Le mouvement des cheminots débuté depuis mardi ouvre des perspectives inédites depuis l’élection d’Emmanuel Macron il y a presque un an.

Inédit dans sa forme et par son ampleur, il bouscule les consciences et élève le niveau de combativité de l’ensemble du monde du travail. Electriciens, salariés d’Air France, de Carrefour, de Ford, agents des services publics, à La Poste, partout le monde du travail affronte les logiques libérales qui sont à l’oeuvre.

Toutes celles et ceux qui luttent et affrontent les politiques libérales depuis tant d’années apportent leur soutien dans cette bataille qui n’en est qu’à ses débuts. 12 organisations et mouvements politiques ont signé un texte commun, l’intersyndicale cheminote est unitaire, les grandes fédérations de syndicats sont dans la bataille, des artistes ouvrent une caisse de solidarité aux grévistes.

Face à eux en revanche, les cheminots ont un gouvernement prêt à tout, mobilisant ses alliés, les grands groupes financiers, pour gagner la bataille de l’opinion publique au travers d’une campagne médiatique mensongère sur les « privilèges » des cheminots, sur l’idée qu’il n’y aurait pas le choix, que la dette de la SNCF ne peut être réduite.

Cette unité des forces sociales est effacée sciemment par le pouvoir en place qui poursuit ses tentatives de division : usagers contre cheminots, salariés du privé contre fonctionnaires et travailleurs sous statut, retraités contre actifs, français contre etrangers…

Et pourtant une majorité populaire est en train de grandir.

Cette bataille, c’est un affrontement brutal entre les forces de l’argent et de la finance et les forces productives. Chacun sent bien que dans cette bataille, si nous sommes tous le cheminot de quelqu’un, nous sommes au bout du compte tous cheminotes et cheminots.

Car ils ne se battent pas pour le statut quo mais pour l’avenir, pour un grand service public du rail, pour nos gares, nos lignes et nos trains, pour le frêt, pour relever le défi du déreglement climatique, pour l’aménagement du territoire et l’égalité territoriale.

Ils s’attaquent ainsi au nerf de la guerre : l’utilisation de l’argent. La vente à la découpe de la SNCF ne poursuit qu’un seul but, engraisser les grands groupes prêts à sauter sur le magot. Tous les coups semblent permis pour Pepy, la ministre Borne et le gouvernement relayés le doigt sur la couture par les medias aux mains des intérêts capitalistes. Cela pose en grand la question du pluralisme de la presse.

Après deux décennies de luttes défensives, il est de la responsabilité de chacun d’entre nous de passer à l’offensive, pour un autre projet de société, tous ensemble.

Afrin n’est pas seule, Afrin vivra, Afrin vaincra

1033260884Intervention au meeting de soutien au peuple kurde et à la résistance d’Afrin à Bordeaux le 27 mars

Je veux ce soir au nom du Parti communiste français exprimer les raisons qui font que nous sommes aux côtés des kurdes ce soir, tout comme nous sommes à leurs côtés depuis de nombreuses années.

Voici plus d’un an nous lancions en France une campagne pour que la France et l’Europe prennent leur responsabilité par rapport au sinistre Erdogan qui piétine chaque jour un peu plus les droits de l’Homme.

Depuis 18 mois, 160 000 personnes ont été arrêtées en Turquie et jetées en prison. Des milliers de prisonniers politiques, plus de 300 journalistes, des élus. Un rapport du Haut Commissariat aux droits de l’homme fait été de tortures par chocs électriques, d’emprisonnement d’épouses de prisonniers alors qu’elles sont enceinte, de dizaines de violations des droits de l’homme.

Des milliers de voix dénoncent l’utilisation faite par Erdogan de l’Etat d’urgence décrété en Turquie pour étouffer et réduire au silence toute forme d’opposition à sa politique.

La France commet une erreur en le considérant comme un allié ordinaire. La Turquie d’Erdogan devrait être mise au ban des nations démocratiques !

La deuxième chose est que lorsque le peuple kurde remportait des premières victoires face à Daesh, comme à Kobane, toute la communauté internationale saluait le courage, l’abnégation des combattantes et des combattants kurdes.

LA lutte contre le terrorisme islamiste, contre DAESH, passe par le soutien aux forces combattantes kurdes pour une raison simple : ces forces combattantes sont aussi des forces démocratiques, ce sont des forces feministes, ce sont des forces de progrès !

Il est donc aberrant que l’Europe continue d’en considérer certaines comme des terroristes.

Il n’y aura pas de paix en Syrie, en Irak sans l’aide aux forces démocratiques présentes dans ces deux pays, dont les forces démocratiques kurdes.

Pour ces deux raisons, la lutte contre Erdogan, et le soutien à la cause kurde, Le Parti Communiste Français dénonce l’abandon par l’Europe, les USA et la Russie des forces kurdes à Arfin.

 

Alors que les Russes et les américains possèdent des troupes dans la région, elles ont livré à l’armée Turque la population d’Afrin, une ville de 350 000 habitants.

Qui peut continuer à croire aujourd’hui que RT Erdogan veut simplement sécuriser sa frontière ? Les civils d’Arfin fuient par milliers les pillages, les viols, les assassinats. Les kurdes ont raison de redouter qu’Erdogan veuille procéder à une épuration ethnique à Afrin, comme les arméniens de Turquie ont il y a un siècle été massacrés dans l’indifférence générale.

Face à cela nous ne pouvons plus supporter que la France publie simplement des appels « à la retenue » en direction du président turque, qui est encore l’allié des USA au sein de l’Otan.

Nous ne pouvons plus supporter que l’Europe dise simplement chaque semaine « sa préoccupation » face aux exactions de l’armée Turque.

Nous ne pouvons plus supporter l’attitude complice des USA, qui refuse de condamner son allié au sein de l’OTAN, cette organisation qui doit désormais disparaître et qui est l’une des fauteure de guerre notamment au proche et au moyen Orient.

Nous ne pouvons plus supporter l’attitude complice des Russes dont les troupes ont déserté Afrin 48h avant l’attaque Turque.

 

Le Parti Communiste Français est l’allié du peuple kurde et des forces démocratiques kurdes en turquie, en Syrie et en Irak. 

l’heure est aujourd’hui à une mobilisation trans-partisane pour stopper R.T. Erdoğan. La France et l’Union européenne doivent parler plus fermement, condamner la politique d’Ankara, exiger l’interdiction du survol de l’aviation turque et son retrait du territoire syrien.

L’ONU doit, sans attendre, adopter une résolution protégeant les Kurdes de Syrie.

Parce qu’on ne peut construire la paix sur de nouveaux massacres de populations, on ne peut reconstruire la démocratie en emprisonnant, torturant, pillant massacrant comme le fait Ankara dans son propre pays et maintenant en Syrie, nous devons unir nos forces pour soutenir le peuple kurde, soutenir les forces démocratiques kurdes.

J’exprime à nouveau ce soir la solidarité totale de la fédération de Gironde du PCF avec les Kurdes parce qu’ils incarnent le combat pour la liberté, la paix et la démocratie !

Vive la résistance à Afrin

vive le Rojava

Vive le peuple Kurde

SNCF, service public, semaine décisive

383795168_6ee5a286da_bLa semaine qui arrive va être décisive dans ce qui s’annonce être le premier grand mouvement social du quinquennat Macron. LA grève des cheminots pour une autre réforme de la SNCF sera très suivie le 22 mars et on sent dans la fonction publique la mobilisation grandir. D’autres secteurs se mobilisent, les retraités, les étudiants et lycéens, chacun voit bien les conséquences dans sa vie de cette politique de satisfaction des intérêts des riches et de la finance.

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Cheminots, Ford : De la réponse aux besoins

LA semaine passée a vu émerger deux conflits importants, celui des cheminots pour la défense et le développement du service public ferroviaire, celui des salariés de Ford pour le maintien de leur emploi et le développement de l’activité industrielle sur le site de Blanquefort en Gironde.

Solidaire des cheminots, engagé pour le service public ferroviaire

Ils n’y vont pas de main morte. La violence sociale des mesures annoncées par ce gouvernement sur les questions de l’hôpital et de la SNCF n’a d’égal que la brutalité avec laquelle ils matraquent dans les médias dominants leur catéchisme ultra-libéral et austéritaire. La lutte qu’engagent les cheminots dans ce contexte pour le service public du transport ferré est essentielle à plus d’un titre.

Le développement du transport ferré de voyageurs, celui du frêt ferroviaire sont essentiels pour relever les défis sociaux, d’aménagement du territoire, de réponse aux besoins, et environnementaux. Les logiques libérales à l’oeuvre depuis de nombreuses années conduisent à la situation suivante. Une entreprise qui dégage cette année des marges bénéficiaires importantes (1,7 milliard) et qui dans le même temps éponge une dette qui engraisse le secteur bancaire (près de 50 milliards). C’est dire si le morceau est de choix, et que la sphère capitaliste lorgne sur ce gros gâteau. L’Allemagne avait effacé la dette de la Deutsch Ban, dès 1994, ce qui avait permis à la compagnie d’investir à nouveau et en fait un des plus puissants groupe en Europe.

Dans le même temps la politique de l’entreprise, et celle de l’Etat, est de laisser se dégrader le réseau et notamment les lignes et les trains du quotidien, jugés non rentables, en raison justement de ce manque d’investissements. Rien n’est fait par ailleurs pour sortir les camions de nos routes et acheminer les marchandises par le train.

Pour masquer cette réalité, la nécessité de répondre aux besoins en terme de mobilité, le gouvernement envoie l’artillerie lourde pour marteler 2 idées, 2 mensonges. Les cheminots coûtent cher et c’est à cause de leur statut que l’entreprise est en difficulté, premier mensonge.

Second mensonge, ceux qui se mettent en lutte sont des défenseurs du statu Quo.

Nous sommes nombreux à dire qu’on ne peut plus continuer dans cette logique. La logique libérale n’est pas compatible avec le développement d’un grand service public pour répondre aux besoins. Ce qui est vrai pour l’école, la santé, l’énergie, la Poste, l’est aussi pour la SNCF. C’est la contradiction majeure de cette politique, elle ne répond pas aux besoins, elle satisfait les appétits des grands groupes financiers.

LE 22 mars prochain, les cheminots organisent à Paris une grande manifestation pour résister aux attaques du gouvernement contre le service public ferroviaire. Ce même jour, les fonctionnaires seront en grève pour protester contre une politique d’austérité qui conduit à la dégradation de l’ensemble des services publics. La mobilisation des uns et des autres peut permettre de desserrer l’eteau dans lequel se trouve aujourd’hui le monde du travail.

Nous organisions vendredi soir à Libourne un débat autour de cette question du service public du transport de voyageurs. Il y a avait donc dans la salle cheminots, usagers de 4 lignes différentes, élus, et citoyens. C’est de ce type de réunion qui permettent de converger dont nous avons besoin.

Ford : une lutte emblématique

Mardi dernier, la direction de Ford annonçait la fin des investissements de la firme américaine sur le site de Blanquefort. La nouvelle se voulait être un coup de massue pour étouffer dans l’oeuf tout mouvement contestant ce choix désastreux pour l’industrie en gironde et en France. 1000 emplois directs sont menacés, un savoir faire présent en gironde depuis plus de 40 ans.

Reçus vendredi par Bruno Lemaire, les représentant des salariés apprenaient que Ford Europe cherchait d’ores et déjà un repreneur. Envolés les 45 millions d’euros de subventions publiques, les près de 8 millions de CICE perçus dont 3,7 en 2017. L’entreprise en recevant 15 millions des collectivités girondines, autant de la région et de l’Etat s’était engagé à maintenir l’emploi sur le site jusqu’en juin 2018.

Cela fait pourtant des années que les salariés, les citoyens du comité de défense, les organisations politiques et syndicales travaillent à un projet de reconversion du site autour de la voiture électrique. Quel rôle joue l’Etat stratège dans ces projets de développement industriel souvieux de répondre aux besoins humains et aux enjeux environnementaux ? On est en droit de se poser la question.

Quels droits ont les salariés, qui connaissent leur outil de travail, et qui produisent les richesses, ont-ils face aux courtes vues patronales et actionnariales ? Trop peu.

Cela fait des années qu’ils ne sont pas écoutés, ni par l’entreprise, ni par les pouvoirs publics. Si la nouvelle était prévisible, elle était tout autant évitable.

On voit bien que le dogme économique qui sévit en Europe et en France est incapable de relever les grands défis qui se posent aujourd’hui. Les logiques de rentabilité à court terme plombent l’investissement et le développement économique. Le CICE, non seulement ne permet pas de maintenir ou de développer l’emploi mais en fait il en détruit.

Comment une entreprise qui dégage plus de 7 milliards d’excédent, dans un contexte ou le marché européen de vente de voiture progresse de 3,5% peut-elle invoquer la non rentabilité d’un site à court ou moyen terme ? Surtout quand il est envisagé que cette hausse se poursuive en 2018 de 3,5% également. Pour la première fois en 2017 le nombre de voitures Diesel est en dessous du seuil symbolique des 50%, et les voitures électriques ou hybrides progressent de 1à 3%. Il y a donc lieu d’explorer toutes les pistes permettant de maintenir une activité sur le site, et de développer un projet industriel répondant aux besoins et aspiration qui se font jour autour de la voiture « electrique ».

L’heure est donc à la mobilisation, au travail et au débat, à l’exploration de toutes les pistes pour contraindre Ford de développer une activité industrielle perenne à Blanquefort.

Pour Ford comme pour la SNCF, il s’agit, au delà de la dénonciation de cette politique, de développer un mouvement pour la réponse aux besoins des populations, pour relever les grands défis qui se posent à nous et auxquels le Capitalisme, et notamment sa phase avancée et financiarisée, s’avère incapable d’apporter des réponses d’avenir. Il s’agit donc de travailler à des propositions en rupture avec les dogmes liberaux qui conduisent la France à sa désindustrialisation et au démantèlement de ses services publics.

 

 

Ford annonce avec brutalité son désengagement du site de Blanquefort : réaction au nom du PCF 33

 

L’annonce faite aujourd’hui par la direction de Ford de ne plus investir sur le site de Blanquefort arrive de manière brutale. Il n’y a là aucun hasard, ni maladresse. C’est une manière de faire pratiquée régulièrement par les directions d’entreprise. Elle est là pour assommer.

Mais une annonce n’est pas un acte définitif, et le rassemblement le plus large doit permettre de maintenir le site de Ford en activité.

Dans l’action, les salariés, les élus, les citoyens ont déjà fait revenir Ford sur sa décision. Dans l’immédiat c’est un objectif de rassemblement et d’action qu’il faut porter nos efforts.

Plus globalement cet exemple de Ford, comme celui de Carrefour, montre l’inefficacité et le gaspillage d’argent que représente le CICE. Il n’est en rien un moteur pour l’emploi et ne sert qu’au profit des entreprises. Cette situation montre encore l’absurdité d’un monde de l’entreprise où les actionnaires sont tout puissant, recherchant des profits à court terme.

Les collectivités et l’état portent une lourde responsabilité en ayant écarté systématiquement les salariés et leurs représentants des discussions avec la direction de Ford.

Il y a urgence a donner de nouveaux droits de gestion pour les salariés, en premier celui de suspendre une telle décision tant qu’un plan alternatif n’a pas été présenté.

En tant que secrétaire départemental du PCF je souhaite apporter tout mon soutien aux salariés de Ford, et leur assure qu’ils pourront dans les jours et les semaines qui viennent compter sur la solidarité de fait des ses militants et de ses élus sur tout le territoire.