Nous étions 150 en débat hier soir à Bègles pour l’avenir de la SNCF. LFI, EELV, PCF présents à une même tribune, avec une responsable syndicale cheminote, Celine Simon, secrétaire du CCE SNCF pour aborder concrètement les questions qui sont posées pour un grand service public ferroviaire.

Il y a besoin d’initiatives comme celle-ci qui avec les questions de contenus abordent celle du rassemblement et des convergences. Loïc Prud’homme et Clément Rossignol ont accepté cette invitation à débattre avec notre camarade et député de Normandie, Hubert Wulfranc.

Si il y a convergence entre cheminots, électriciens, hospitaliers postiers, salariés d’Air France, enseignants, c’est d’abord qu’ils et elles affrontent les mêmes logiques de rentabilité financière incompatibles avec le développement de services publics modernes. Hier soir une responsable syndicale de l’énergie expliquait comment le service public de l’énergie a été mis à mal par l’ouverture à la concurrence qui n’a vu aucune amélioration de ce service pour les usagers.

SI il y a convergence c’est dans les réponses aux besoins des populations et dans la nécessité de réduire le poids de la finance, du capital, sur les services publics. Quand on discute comme nous l’avons fait avec des agents hospitaliers de l’hôpital St André, c’est d’abord la fierté de répondre aux besoins des populations qui est mise en avant par leur travail de recherche, d’innovation, leur travail au quotidien en direction des patients. Ensuite vient la nécessité de stabiliser des équipes, et le besoin de reconnaissance, dans toutes ces dimensions y compris salariale qui est avancé, celle d’un statut, et de pérenniser les emplois. Je retrouve d’ailleurs ce sentiment également chez les enseignants. Enfin, c’est l’exigence de pouvoir faire correctement son travail et d’avoir les moyens de travailler.

Si il y a convergence enfin, c’est à partir de petites victoires qui peuvent grandir. A Air France, peu importe que le PDG démissionne ou pas, ce qui est à noter, c’est que les salariés ont participé à 80% au référendum et à 55% ont rejeté le projet d’accord présenté par la direction.

Prenez n’importe quel service public, interpellez les usagers des services publics, les citoyens, les agents : demandez leur si ils tiennent à leur service public, diront oui.

Demandez leur si ils veulent le voir se développer, l’améliorer, ils vous diront oui.

Demandez leur enfin comment s’y prendre : ils vous diront qu’il faut de l’argent pour améliorer le service et les conditions de travail, qu’il faut des agents efficaces et soucieux de leur mission, et donc un statut. Ils vous diront enfin qu’il faut une reconnaissance salariale, et donc des hausses de salaire.

Voilà ce qui est en train de monter dans le pays. Voilà ce à quoi le gouvernement ne répond pas.

Une déclaration commune de forces politiques, associatives et syndicales annonce la préparation d’une grande journée de mobilisation le 26 mai prochain. Il y a enfin un cadre de discussion entre organisations syndicales, associatives et des forces politiques. Il y a enfin un cadre d’élaboration ou personne ne tire la couverture à soi.

Il me semble que si on veut donner à cette journée le contenu politique au niveau des attentes et de la violence des attaques du gouvernement, il y a besoin de parler de services publics, de leur amélioration et de leur développement pour répondre aux besoins, et de l’utilisation de l’argent pour parvenir à cela, il y a aussi besoin de parler de salaires et de pouvoir d’achat.

Depuis quelques jours la proposition d’une grande consultation populaire et citoyenne sur le développement des services publics est mise en débat par Pierre Laurent. Le referendum à Air France montre que nous avons tout à gagner à donner la parole très largement face à un pouvoir qui reste sourd aux attentes d’une majorité de salariés.

Et si avec le 26 mai, l’idée d’une grande consultation citoyenne prenait corps ?