Reconfinement, jour 5

Au 5eme jour de reconfinement, la situation dans les hôpitaux continue de se dégrader. Le plan blanc est déclenché partout désormais, et les déprogrammations se multiplient. La vague est là et risque de submerger l’hôpital dans les 10 prochains jours.

Le reconfinement était nécessaire, et ce qui peut passer pour de l’amateurisme, de l’incompétence, de l’impréparation de la part du gouvernement s’illustre dans de nombreux domaines.

Le raté de la rentrée scolaire avec l’annonce d’une rentrée retardée puis du maintien des horaires habituels annoncé par voie de presse vendredi soir en est un premier exemple.

La fermeture des commerces de proximité et notamment des librairies alors que les grandes surfaces peuvent quant à elles continuer à vendre de tout en est un autre.

On pourrait parler de la situation dans de nombreuses entreprises, dans les transports, à la sortie des lycées, celle de l’enseignement supérieur ou c’est le tout ou rien.

En réunissant le conseil de défense et non le conseil des ministres, en annonçant à la télévision avant d’être présentées au parlement les mesures de ce reconfinement le Président de la République s’est privé, a privé le pays de toute concertation et réflexion collective.

Si la peur est dans toute les têtes, l’incompréhension, la colère de devoir à nouveau renoncer à une partie de nos vies gagne du terrain. L’utilisation démagogique de cette colère prononcée par certains maires en prononçant des arrêtés illégaux de réouverture des commerces a de l’écho. Mais ces mesures ne règlent aucune des questions qui se posent aujourd’hui.

La première est celle de l’utilisation des milliards d’euros déversés et profitant essentiellement aux grands groupes alors que l’hôpital, l’école, les communes auraient besoin de moyens pour répondre aux besoins. Il faut des lits, il faut dédoubler les classes, il faut mettre en œuvre des actions de solidarité au plus proche des gens pour répondre aux besoins qui explosent et continueront d’exploser dans les jours qui viennent.

Prenons l’exemple de l’école, les syndicats demandaient de reporter la rentrée d’une journée, pour se préparer et adapter les établissements aux nouvelles règles de confinement, pour aborder ensemble la façon de répondre à l’ignoble assassinat de Samuel Paty.

Ce temps de réflexion, d’échange aurait pu avoir lieu dans chaque entreprise, pour élaborer à l’aune des réalités de terrain une autre manière de travailler, les conditions pour respecter la distanciation physique en préservant le lien social.

Les élus locaux pourraient être force de proposition pour préserver ce lien social et des activités essentielles comme l’accès à la culture, au sport et aux loisirs.

Certes tout n’est pas possible, et la priorité, c’est la vie, la lutte contre le virus.

Pourquoi alors ce gouvernement n’a-t-il pas consulté, rechercher l’unité nationale au cours des derniers mois ? Pourquoi faire porter sur les comportements individuels la responsabilité de la reprise épidémique ?

D’abord pour masquer le fiasco de sa politique.

Ensuite par dogmatisme. Il est incapable de sortir des dogmes libéraux de la réduction de la dépense publique, du laisser faire sur le plan économique, de l’individualisation du rapport de chacun à la société, de développer le débat, la démocratie à tous les niveaux de la société.

Si il y avait eu un véritable débat, la réouverture de lits d’hôpitaux aurait été une évidence, le dédoublement des classes également, l’augmentation des transports publics aussi. Tout cela aurait nécessité des embauches, nombreuses, un appel à la jeunesse qui aurait sans doute répondu.

Des solutions nouvelles auraient émergé contestant la dictature du patronat dans l’organisation du travail et notamment dans le domaine de la production industrielle et de la grande distribution. Travailler un jour sur deux, par demi-journée, organiser et règlementer le télétravail, définir collectivement ce qui est essentiel et ce qui ne l’est pas.

Au delà des privations de libertés et de droits, de relations sociales, c’est bien de l’absence de  démocratie dont nous souffrons aujourd’hui et dont nous subissons tous et toutes les conséquences.

Un régime autoritaire et concentré sur la préservation des intérêts des grands groupes et des banques est voué à l’echec. Echec sur le plan sanitaire, et échec également sur le plan économique car les deux crises sont étroitement liées.

 

Publié par

slaborde

secrétaire départemental du PCF, adjoint au maire de Saint Denis de Pile et vice président de la CALI en charge de l'action sociale. Enseignant spécialisé.

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