1fc8245b552820a76ef6ff715fc194fa-sebastio-salgado-educationMardi soir avait lieu à St Denis de Pile un débat public autour de la question des rythmes scolaires et du choix qu’auront à proposer les maires entre le maintien à 9 demi-journées de classe par semaine ou le retour à 4 jours. Plusieurs éléments ont été abordé qu’aucun enseignant ou parent ne peut ignorer.

Un enfant, un adulte aussi, apprend mieux le matin.  Il est normal qu’un enfant ait une baisse d’attention en début d’après-midi, (c’est le moment de la thermogenèse consécutive à la prise du repas). La fatigue de l’enfant est souvent due au manque de sommeil, à l’ensemble de ses activités, et notamment le week-end. Personne n’a pu constater une fatigue de l’enfant plus grande, que ce soit à 4 jours ou 4 jours et demi.

Les T.A.P. sont appréciés des enfants et représentent pour beaucoup une ouverture culturelle au sens large et une offre éducative que les familles ne pourraient pas offrir à leurs enfants si elles étaient payantes.

Le retour à 4 jours de classe ne constituerait donc ni une avancée pédagogique, ni une avancée sociale.

Je rajoute quelques éléments pour dépasser cette question, car la question essentielle, qui devrait préoccuper le ministre, le gouvernement, la communauté éducative, est de savoir comment on bâtit une école dans laquelle les inégalités scolaires reculent.

Il ne faut pas moins d’école, mais plus d’école. Les élèves français ont en moyenne 50 jours de classe en moins que leurs camarades allemands. Il y a une corrélation entre le nombre d’heures de classe par an et les résultats des évaluations internationales (PISA).

L’autre question essentielle, ce sont les pratiques pédagogiques, les gestes professionnels pour permettre de relever un défi de civilisation, permettre l’élévation continue du niveau de connaissance de l’ensemble de l’Humanité.

Le ministre de l’éducation préfère parler de dictées, de chorales, de téléphones portables, de mamans voilées dans les sorties scolaires, relancer un débat sur la lecture vieux comme le monde. Le gouvernement préfère garder gelé le point d’indice des fonctionnaires, instaurer les 3 jours de carence, augmenter la part de la CSG sur nos prélèvements, baisser le nombre de places dans les concours d’enseignement.

Ils ont dans un contexte de baisse des dotations aux collectivités, d’attaque contre la commune comme premier échelon démocratique, renvoyé aux maires la question du nombre de jours de classe par semaine. Comme sur beaucoup d’autres questions, les logiques libérales, marchandes, de concurrence et de régression avancent faute d’un projet cohérent pour une école de la réussite de toutes et tous.