Voici l’édito des Nouvelles que j’ai signé cette semaine : Sur le mouvement social et sa poursuite

Ils étaient plus de 10 000 fonctionnaires mardi à Bordeaux pour protester contre la baisse du pouvoir d’achat, la suppression de 120 000 postes, et défendre les services publics. Après les deux journées de mobilisation contre les ordonnances sur le code du travail, c’est un troisième succès de mobilisation face à un gouvernement qui maintient le cap d’une austérité renforcée pour l’ensemble du monde du travail et de la société.

L’objectif du gouvernement est clair : récupérer toute richesse qui échappe aux grands groupes financiers pour les livrer sur un plateau aux puissances de l’argent. Les mauvais sondages, le revers des sénatoriales pour la majorité gouvernementale, la grogne qui s’étend ne semble pas infléchir une politique qui vise la casse du code du travail, des services publics et de la sécurité sociale. Cette fuite en avant pour accumuler les richesses produites afin d’éviter une nouvelle crise est de la pure folie.

Que faire pour que ce mouvement s’inscrive dans la durée et s’élargisse, notamment à la jeunesse ? C’est la question qui est posée aujourd’hui car rien ne fait tant peur au pouvoir en place que l’union des travailleurs et de la jeunesse.

L’effort est de triple dimension.

Il s’agit de démontrer le poids que fait peser le coût du Capital sur la société toute entière dans tous les domaines : la santé, l’éducation, les transports, le logement et les conséquences sur nos emplois et nos conditions de travail.

Il s’agit d’appuyer les convergences qui émergent dans les luttes sur le plan du pouvoir d’achat, des hausses de salaires et de pensions, la réduction du temps de travail, la lutte contre le chômage et la précarité, la conquête de droits nouveaux. Tout ce qui affronte aujourd’hui les intérêts du Capital.

Il s’agit enfin de bâtir, à partir des aspirations qui existent, parfois en germe, des propositions pour un nouveau code du travail et de nouveaux services publics et qui ouvrent l’horizon vers un changement de société.

Comment sécuriser l’emploi et la formation et garantir à chaque travailleur la protection de garanties collectives qui permettront l’émancipation de chacun-e et le dépassement du marché du travail ? Comment développer de nouveaux services publics qui garantissent à chacun-e, à tous les âges de la vie, dans tous les domaines, l’accès aux savoirs, aux soins, au logement, aux transports, aux droits et à la solidarité ? Comment conquérir de nouveaux droits, de nouveaux pouvoirs au travail et dans les institutions ?

C’est en développant des réponses précises à ces questions que le monde du travail passera d’une position nécessaire de défense de ses droits et acquis à un indispensable mouvement qui propulse la société toute entière vers des transformations profondes et des conquêtes nouvelles. C’est le rôle qu’entend pour sa part jouer le PCF dans les mois et les années qui viennent.