Depuis quelques jours, le climat social semble évoluer à la faveur des attaques du gouvernement contre les services publics et notamment l’Hôpital et la SNCF. La logique libérale portée par ce gouvernement apparaît au grand jour désormais. Les mesures sur la hausse de la CSG pour les retraités et les fonctionnaires sont maintenant bien réelles, tout comme les premiers effets des ordonnances sur la loi travail qui se traduisent par des suppressions d’emploi dans tous les domaines. Les attaques contre les services publics sont très impopulaires.

Dans le même temps, la France est passée en tête au plan mondial du montant de dividendes versés aux actionnaires. La théorie du ruissellement s’avère donc être une vaste fumisterie.

C’est bien le gouvernement des riches et de la finance qui est à l’œuvre.

La pétition pour de nouveaux modes de transports en Gironde prend de l’ampleur et une actualité particulière avec le rapport Spinetta, qui préconise de fermer des lignes. Elle est à signer en ligne ici

Avec plus de 700 signataires sur internet, et plusieurs dizaines en format papier nous pouvons maintenant amplifier sa diffusion. Elle dit en substance 3 choses simples :

les pouvoirs publics doivent engager des mesures pour faciliter les trajets domicile-travail. Quel gâchis personnel et pour la société de voir un homme ou une femme passer plusieurs heures par jour dans les transports quand on peut réduire ce temps de moitié en développant les trains, les lignes de transport public et en réduisant le nombre de camions sur les routes. Tout ce temps qui pourrait être consacré au développement personnel, à la vie associative, aux loisirs, à tout ce qui fait culture aujourd’hui.

La seconde est qu’il faut en finir avec le tout camion. La semaine dernière les transporteurs routiers demandaient 60 millions de dédommagement en raison des intempéries. C’est une plaisanterie quand on sait ce que coûte le réseau routier, ce que coûte une voirie pouvant accueillir des camions, ce que coûte l’usure des voies. Il faudra bien un jour taxer le transport routier à partir de deux critères, la distance parcourue, et le mode de carburant, pour favoriser le transport de marchandise par le rail et le bateau.

La troisième est que d’ici 50 ans, nous devons sortir de l’ère carbonée. C’est l’urgence climatique, et donc la question essentielle qui nous est posée.

Je serai à la gare de Coutras lundi matin pour informer, mobiliser les usagers sur les dangers qui pèsent sur nos gares et nos trains du quotidien. La ministre Borne a raison en effet sur un point, on ne peut en rester au statu quo. Les logiques libérales ne peuvent répondre aux besoins des populations et des territoires. Il faut donc changer de logique.

C’est le rôle du service public qui est posé, pour la SNCF comme pour l’Hôpital.

L’école, un autre enjeu de classe

M Vilani a rendu lundi un rapport pour proposer des mesures qui permettent d’élever le niveau des élèves français en mathématiques. On peut le dire, après des semaines de recherche infructueuse, le pot de 2 litres est enfin au point. Ainsi on apprend qu’il faudrait que les élèves manipulent, dessinent et verbalisent en classe pour leur permettre de conceptualiser. Ainsi on découvre qu’il faudrait partir de situations concrètes pour aller vers l’abstraction. Enfin, idée lumineuse, il faudrait que les élèves soient heureux en classe.

Bravo, mais pendant ce temps on ferme des classes en école primaire, notamment en milieu rural, l’école maternelle est attaquée. Pendant ce temps, les moyens pour travailler sont de plus en plus restreints.

Sur cette page un article intéressant sur la fragmentation du système éducatif, avec le repli des catégories sociales les plus favorisées, des phénomènes communautaires et les réformes en cours pour l’autonomie des établissements.
 
Les écoles Montessori sont notamment citées, comme la plus acceptable des pédagogies nouvelles (80 ans tout de même), les catégories supérieures y mettent leurs enfants, pour ne pas se mêler aux autres, c’est une tendance que l’on rencontre dans tous les domaines, notamment celui de l’habitat et du loisir.
 
Et une part des catégories moyennes imitent « les élites » en y mettant à leur tour leurs enfants. La fragmentation de la société se retrouve dans dans les stratégies pour fragmenter le système éducatif français. Un grand perdant, l’enfant de catégorie populaire.
La victoire de Macron en mai dernier repose sur un axe stratégique majeur : convaincre les catégories intermédiaires, les cadres et professions intermédiaires que leurs intérêts sont les mêmes que ceux des catégories supérieures, des plus riches, et de la classe capitaliste. Or, il apparaît maintenant dans plusieurs domaines que ceux qui subissent les effets de cette politique, sont bien les catégories populaires et les professions intermédiaires jusqu’à une partie des cadres.
L’enjeu d’une école de la réussite de tous est posé depuis des décennies, avec la sélection à l’entrée de l’université, la réforme du BAC, et la contre réforme du collège, le gouvernement avance sur ce terrain de la fragmentation de l’école et de l’individualisation des parcours. Il est donc maintenant nécessaire de redonner le sens, l’enjeu de civilisation qui se joue au travers de l’élévation du niveau de connaissance des nouvelles générations, et que l’école publique, l’éducation nationale est le seul outil qui le permette.
Enfin, une étude la fondation Jean Jaurès démontre que les élite, depuis 30 ans font sécession avec le reste de la société française. Ils investissent les centres des métropoles, et dans le même temps les catégories populaires en sont chassées. Ils mettent leurs enfants dans le privé, rejettent toute structure collective sur le plan des loisirs et de la culture. Ils désinvestissent les services publics, l’hôpital, l’école publique, les transports en commun, les crèches, les colonies de vacances, et versent dans l’exil fiscal in fine.

Il se passe quelque chose au Parti Communiste

Les communistes sont appelés à contribuer, écrire, formuler des questionnements et des propositions en vue de l’écriture d’un projet de texte commun qui sera ensuite soumis à l’ensemble des adhérents. C’est une démarche originale et nouvelle, et donc sans doute imparfaite. Pourtant plus de 300 contributions ont déjà été écrites sur différents thèmes et chantiers. Des premières notes de synthèse sont à disposition des assemblées de communistes qui doivent permettre d’élargir et de pousser les débats qui sont les nôtres aujourd’hui.

 J’ai écrit il y a plusieurs semaines une contribution sur les transformations que doit opérer le Parti Communiste, et je propose pour cela 5 pistes, 5 chantiers de réflexion et d’expérimentation.
pour celles et ceux que cela intéresse c’est ici : libérer l’initiative militante de la délégation de pouvoir.
J’ai également apporté ma signature à un texte collectif d’une trentaine de responsables du Parti à différents niveaux. Il est ici.