Cette semaine de rentrée se termine bizarrement. Recevoir dans la même journée une lettre de la part du Président de la République louant le travail des enseignants, parlant d’une République unie, d’une société rassemblée, de la lutte contre les inégalités , et le soir lire l’interview du même président traitant de fainéants, de cyniques et d’extrêmes ceux qui s’opposent à sa politique, on a là l’exemple de ce dont Macron est le nom : Le Président des riches, des intérêts financiers et des banques. Le mépris de classe dont il fait souvent preuve se révèle tout à la fois dans l’interview qu’il donne que dans cette lettre dégoulinante de pommade mielleuse faite aux enseignants et aux contenus creux. Non, décidément, le Président n’aime pas les gens.

Face aux régressions à l’oeuvre, construire l’école de l’égalité

Concernant l’école voici en un tableau la question à laquelle il faut s’attaquer :

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Plus le niveau d’étude est élevé, moins il y a d’enfants d’ouvriers (voici le lien). Ces chiffres et ce phénomène sont connus, les causes méritent débat. L’école reproduit-elle des inégalités par ailleurs déjà présentes dans la société, ou produit-elle ses propres inégalités ? Quelle école de la réussite de tous ? voilà l’enjeux, mais quelles que soient les réponses apportées elles nécessitent des moyens, du temps, de la formation pour les enseignants.

Le débat sur les rythmes scolaires occulte encore une fois les véritables enjeux. Alors que le retour à 4 jours de classe en primaire n’est ni un une avancée sociale revendicative, ni un progrès pour l’enfant, il a été demandé aux maires de décider en prenant l’avis des conseils d’école. Laurent Frajerman décrit assez bien dans cet article les raisons de l’impopularité du passage à 4 jours et demi. Il faut aussi mesurer comment le ministre Blanquer utilise ce cheval de Troie pour réduire encore à terme le nombre d’heures de classe des enfants, ou réduire sensiblement les vacances scolaires. et Au final, nous aurons sans doute les deux.

La façon dont ce retour à 4 jours est proposé « municipalise » un peu plus l’enseignement primaire, accroissant forcément les inégalités territoriales. D’ailleurs il est notable que les mairies qui repassent à 4 jours le font pour des raisons budgétaires dans un contexte d’attaque violente du gouvernement contre le fait communal.

Non à une loi travail XXL, oui à des pouvoirs nouveaux pour les salariés et réduire le coût du capital

Mardi donc aura lieu une première journée de mobilisation contre les ordonnances sur la Loi travail. Les vieilles antiennes libérales sont martelées dans tous les médias, il faut baisser le coût du travail pour réduire le chômage… C’est au contraire le coût du capital qui pèse sur l’emploi, les salaires et la production de richesses et la question des pouvoirs nouveaux donnés aux salariés est centrale dans cette mobilisation.

Quels droits nouveaux au travail, quels pouvoirs donnés aux salariés pour la mobilité, la formation tout au long de la vie ?

Je manifesterai donc mardi, n’en déplaise au Président de la République, il est encore permis d’être en désaccord et de manifester par l’action collective ce désaccord et la volonté d’un véritable débat, dans la confrontation, de ce qu’il faut faire pour éradiquer le chômage dans notre société.

 

Les communistes sont pleinement engagés dans la réussite du 12 septembre et de la fête de l’Humanité.

Mardi dernier, nous faisions notre « pot de rentrée » au siège de la fédération. 70 camarades étaient présents pour préparer le 12 bien sûr et naturellement la fête de l’Humanité qui est ce moment unique en Europe ou se rencontrent les forces de transformation sociale, le monde du travail et la jeunesse. J’y reviendrai dans un prochain billet.

Nous entrons dans la phase de préparation de notre congrès extraordinaire. C’est un moment décisif pour la réussite du chantier qui nous attend et l’enjeu des semaines qui viennent est de permettre au plus grand nombre d’adhérents de s’exprimer sur les questions qu’ils veulent voir aborder lors de ce congrès et dans les mois qui viennent. Quel sens nous donnons au combat communiste ? Quel bilan tirons des dernières périodes ? Quelle ambition politique avons nous pour les années qui viennent ? De quel outil politique avons nous besoin ?

Ce sont des questions existentielles qui nous sont aujourd’hui posées, et nous ne pourrons y répondre que collectivement, dans le débat, la confrontation parfois et avec la volonté de rassembler, rassembler encore et toujours.

Il n’est d’ailleurs pas inutile dans cette période de se repencher sur ce qu’a produit le PCF à d’autres moments : en 1920 lors de sa création, au moment du front populaire, après mai 68 avec le programme commun, et au moment de la mutation quelques années après l’effondrement du bloc soviétique. Je crois pour ma part que le combat communiste conserve toute sa pertinence. Dans une société en crise profonde, et je fais mienne cette phrase de Lucien Sève tirée d’un article qu’il écrit dans le premier numéro de Cause Commune :

« L’analyse en termes de classes n’est donc pas à minorer mais au contraire à étendre. Car la malfaisance du capitalisme ne se résume plus à l’exploitation du travail – qui demeure –, elle concerne sous maints rapports le peuple entier, menace l’existence même d’une planète habitable et d’une humanité civilisée. La tâche est alors de concrétiser de façon inventive les possibilités de mouvements largement majoritaires visant à sortir de la société de classes, objectif incontournable, rendant sens actuel à la révolutionnaire visée marxienne du communisme. »

Création d’un centre de santé à Coutras

Pour terminer ce billet, je veux évoquer l’inauguration du centre de santé de Coutras auquel j’ai participé hier soir. Ce centre, directement lié à l’hôpital de Libourne emploiera 4 médecins généralistes dans un premier temps. C’est un équipement qui répond à un besoin vital de la population, l’accès à la santé. Il répond à une problématique du territoire, lutter contre la désertification médicale et en faveur de l’attractivité médicale du territoire. Enfin, il satisfait les formes nouvelles de travail des jeunes médecins.

On peut innover dans un territoire comme le notre, et nous en aurons d’autres preuves très prochainement sur St Denis de Pile, dans un autre domaine.

Symphonie du nouveau monde de Dvorak : Nuits debout, 20 avril 2016. Il y a un peu plus d’un an, des fainéants, des cyniques, des extrêmes étaient en mouvement.