383795168_6ee5a286da_bLa semaine qui arrive va être décisive dans ce qui s’annonce être le premier grand mouvement social du quinquennat Macron. LA grève des cheminots pour une autre réforme de la SNCF sera très suivie le 22 mars et on sent dans la fonction publique la mobilisation grandir. D’autres secteurs se mobilisent, les retraités, les étudiants et lycéens, chacun voit bien les conséquences dans sa vie de cette politique de satisfaction des intérêts des riches et de la finance.

Pour la SNCF, le rapport Spinetta ne règle aucune des 3 questions essentielles pour améliorer le service public du transport de voyageurs et le frêt. La question de la dette n’est pas traitée alors qu’elle pèse sur l’entreprise très fortement à hauteur de 2.7 milliards par an pour les intérêts, la question des investissements à réaliser, notamment pour améliorer et sécuriser les petites lignes non plus, la question enfin des effectifs reste entière, avec ou sans statut des cheminots.

Prenons la dette, si on l’extrait de l’entreprise pour la mettre dans un fond d’amortissement. L’entrepriseretrouve ainsi 3 milliards de marge de manoeuvre pour investir, rénover, étendre les lignes secondaires si importantes pour les territoires ruraux et la mobilité.

euro-96289_1920Et comment payer cette dette ? la BCE pourrait prêter à taux 0 comme elle le fait pour les banques, et créer ainsi un fond européen pour le développement du service public. Et puis il faudrait rentrer dans un cercle vertueux d’imposition et de taxe des entreprises avec une éco-taxe poids lourds pour financer les déplacements décarbonés et notamment le frêt ferroviaire et fluvial, créer un versement transport pour les régions, et étendre la taxe locale sur les bureaux et les parkings d’hypermarchés à l’ensemble du pays, comme c’est déjà le cas en Île de France.

Autre proposition pour laquelle le PCF milite depuis de nombreuses années : la renationalisation des autoroutes. Vinci dort sur une rente qui ne sert que les intérêts des actionnaires, l’argent que rapporte les autoroutes pourrait être ainsi utilisé pour la lutte contre le réchauffement climatique, diminuer le nombre de camions sur les routes et favoriser les transports décarbonés.

Changer oui, , casser le service public, non.

La réforme proposée par le gouvernement est une vieille recette libérale appliquée aveuglément.

C’est donc une réforme à courte vue que propose le gouvernement, qui s’appuie sur un mensonge, l’ouverture à la concurrence n’est pas une obligation faite par les traités européens. La SNCF étant un gros gâteau q’entendent se partager quelques groupes financiers. L’ouverture à la concurrence tant souhaitée par le gouvernement est une catastrophe en grande Bretagne, en Allemagne, en Italie. Dans ces pays là, pour voyager, les gens se tournent vers le bus.

Alors oui, il faut être du côté des cheminots, oui il faut faire converger les secteurs, du public d’abord qui seront aussi en grève le 22 mars et qui défendent eux aussi le service public, les conditions de travail et donc le service rendu aux usagers. Nous avons besoin de victoires, d’unité et de rassemblement du salariat, nous avons besoin de faire converger nos luttes, et ce n’est pas qu’une question de calendrier, il s’agit de hisser au niveau des enjeux de société nos cahiers revendicatifs, et nous trouverons les convergences à ce niveau d’exigence là.

Le calendrier décidé par l’ensemble des syndicats de la SNCF de deux jours de grève par semaine permet aux usagers de soutenir ce mouvement pour leur gare, leur train et leur ligne. Il permet aux autres secteurs d’engager les convergences vers ces journées de lutte, il permet enfin de durer et d’engager un rapport de force puissant avec le gouvernement et la direction de la SNCF.

Je serai donc lundi en gare de Coutras pour engager le débat avec les usagers du train, et jeudi en grève, et en manifestation.